En remontant le fleuve - Page 5

  • Responsabilité (ou irresponsabilité) des intellectuels

    On apprend aujourd’hui * que des « scientifiques » se paient une pleine page de publicité dans 24 heures en faveur des militants du climat qui sont jugés pour atteinte à la propriété privée. Qu’importent les précisions sur leur acte, la question n’est pas là. Ils se croient autorisés d’accomplir des actes illégaux en vertu de l’urgence climatique. Un juge maladroit et incompétent a cru bon de les absoudre, pour cette raison. Le TF en a heureusement décidé autrement.

    Il est particulièrement intéressant, intellectuellement parlant, de constater que des « scientifiques », qui ont une tendance certaine à faire de la science un objet divin, passent avec autant de légèreté sur ce qu’est le Droit. On dirait même qu’ils ne se sont jamais posé cette question. Des esprits bien peu curieux, disons-le tout net. Les lois, c’est l’ossature de notre société, ce sur quoi elle tient. Dans notre société démocratique, elles sont issues du Parlement, élu par le peuple, et elles sont le fruit des compromis trouvés entre toutes les tendances politiques qui y ont voix au chapitre. Les transgresser, c’est donc l’acte anti-démocratique par excellence.

    Les activistes du climat ne se soucient en aucune manière de démocratie. Seule compte pour eux l’ « urgence climatique ». Pour le moment, leurs actions illégales sont restées mineures. Mais le terrorisme environnementaliste existe depuis longtemps. Jean-Christophe Rufin en a tiré un roman en 2007, « le Parfum d’Adam ». Il est plus que probable que les activistes d’ici, XR ou d’autres, vont passer à la violence supérieure dans un avenir plus ou moins proche. Comme l'ont fait les véganes...

    Voilà donc une poignée d’intellectuels à la petite semaine qui voudraient changer le Droit ou l’abolir, pour soutenir leurs jeunes souches extrémistes. Ajoutez à cela qu’il en est à peu près de même chez les vociférants de la liberté, hostiles au vaccin à ARNmessager ou autres. Et n’oublions pas la virulence toujours plus exacerbée des sexistes qui se déguisent sous le chapeau bon chic bon genre du féminisme. Nous voilà bien...

    Reste à nous expliquer en quoi l’occupation d’une banque modifie en quoi que ce soit l’urgence climatique. Mais ça, c’est largement au-dessus des moyens intellectuels de nos signataires de pacotille.

    En sus, la séparation des pouvoirs, en particulier l’indépendance du pouvoir judiciaire par rapport aux deux autres, a toujours été problématique. Les juges ne sont pas des anges tombés du ciel. Ils peuvent être ultra-réactionnaires ou gauchistes décomplexés (visiblement la majorité aujourd’hui). Qu’on les tire au sort ou qu’on les nomme, cela reste vrai. Il faudra donc faire très attention aux volontés de la gauche de créer à tout prix une Cour constitutionnelle, que nos Pères de la Patrie à nous ont évité soigneusement pour de bonnes raisons : il n’y a qu’à voir ce qui se passe aux USA à chaque nomination de juge dans cette Cour. Ou comment les activistes attaquent les États juridiquement, puisqu’ils sont démocratiquement complétement minoritaires.

     

    *au jour d’hodie (latin) hoy (espagnol) hoje (portugais) huy (français), note à l’usage des cuistres amateurs du super-pléonasme « au jour d’aujourd’hui »…

  • De l'écologie

    De nombreuses personnes semblent se complaire dans l’opposition aux mesures sanitaires des autorités un peu partout en Occident. Ce que ces gens, normalement cultivés, ne voient pas, c’est la cause première de ce qui nous arrive avec cette pandémie. Comme le disait Philippe Roch, autrefois en charge de l’Environnement en Suisse, la Terre est capable de supporter trois milliards d’habitants. Nous en sommes à bientôt huit milliards, et la progression de la croissance de la démographie a été fulgurante, voire démentielle. Un véritable cauchemar démographique…

    Nous en sommes au Quaternaire et ces ères ont été déterminées par des extinctions de masse. La vision romantique de ces extinctions sont des causes extérieures. Mais en fait, chacune de ces extinctions ont pour cause une loi impitoyable de l’environnement : chaque fois qu’une espèce domine outrageusement cet environnement, elle court à sa perte. Sans cette loi, vous n’auriez pas de pétrole… La conséquence de cet hubris spéciste, ce sont inévitablement, toutes espèces confondues, guerres, famine, épidémies. Les romantiques de la science nous bassinent avec la fin des dinosaures qui serait due à un astéroïde il y a 65 millions d’années. Ils oublient de préciser que les mammifères ont survécu. La preuve : nous. Parce qu’ils étaient peu nombreux et qu’ils avaient une niche écologique différente. Et que cette extinction s’est faite sur un million d’années…

    Les épidémies, les famines, les guerres sont donc des réponses naturelles à l’envahissement d’une espèce. La nôtre a les moyens de réagir contre ces phénomènes mais aussi de les favoriser. On peut lutter contre les épidémies, enfin plus ou moins bien. On aurait plutôt tendance à favoriser les guerres, je pense que cela ne vous a pas échappé. Les famines sont là et cela ne fait que commencer. Dans quelques temps, on s’apercevra que l’on ne peut pas nourrir tous les pays en détresse…

    Le facteur imprévu, qui n’est pas sans rapport à cette tendance à favoriser les guerres, c’est qu’on peut observer une tendance d’une partie de l’espèce à lutter contre les mesures trouvées pour lutter contre l’épidémie. Une tendance type lemmings sautant de la falaise ? Une volonté de suicide collectif inhérent au surnombre ?

    Il y a toujours eu des comportements aberrants. Les Lambertistes, une forme de trotskysme, refusaient la lutte nationale contre les Allemands au prétexte que les prolétaires français devaient s’allier aux prolétaires allemands. Cela n’a pas eu beaucoup de succès face au déferlement de mai 40 de la Wehrmacht en France…

    C’est un peu l’idée que je me fais des opposants à la loi Covid…

  • De la Haine

    Forum spécial ce soir sur le sujet. Ma première remarque, c’est que visiblement certains – la plupart des intervenants – confondent la haine et la colère. Beaucoup de choses provoquent ma colère dans ce que je vois autour de moi mais je ne ressens de haine pour personne, et je parie que c’est le cas de la plupart de ceux que l’on accuse du crime de haine…

    La deuxième remarque, c’est que l’on fait appel une fois de plus aux spécialistes de la haine et de l’amour : les religieux. Quand donc les sociologues diront-ils enfin la vérité ? Les religions ne sont rien d’autre que des idéologies. Si leur dieu existait, il se serait manifesté depuis longtemps, puisqu’il se serait manifesté pour les prophètes. Croire en dieu aujourd’hui, c’est se servir d’un mode de pensée d’il y a 2000 ans pour les Chrétiens, un peu plus pour les Juifs, un peu moins pour les musulmans, un temps où les humains n’avaient aucune autre explication pour éclairer le monde dans lequel ils vivaient. Une époque où savants et prêtres étaient les mêmes personnes, léger détail que beaucoup veulent ignorer. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Nous n’avons pas pour autant d’explication pour la création de la matière, encore moins comment cette matière a réussi à se reproduire. Ce que les religieux appellent dieu reste à découvrir…mais leur dieu ne tient pas la route.

    Parlons de leur idéologie. Le christianisme a servi de ciment à l’empire romain quand cela a été jugé utile. L’islam a servi d’idéologie anti-juive qui disposait de l’arme du dieu unique. Le fondement de cette religion, c’est le combat contre une ethnie rivale. Le Coran est rempli de prescriptions visant à éliminer les Juifs et les Chrétiens, vus comme leurs fils spirituels…

    Et comme par hasard, c’est justement chez les tenants de ces religions que l’on trouvera les manifestations les plus évidentes de haine. Il y a une corrélation évidente entre sentiment religieux et sentiment haineux. Il faut rejeter avec violence ceux qui ne partagent pas votre croyance. Si vous ne croyez pas, vous n’arriverez jamais à être haineux. Vous pouvez désapprouver fortement le point de vue de votre interlocuteur, et s’il vous agresse vous ou votre famille, vous le considérerez avec colère. Pas besoin de le haïr pour cela…

    La haine est le pendant de agapè*, l’amour universel, celui sur lequel s’appuie les religions. Cette fonction cérébrale doit être particulièrement active chez les religieux, et quand elle ne trouve pas son objectif, elle doit vraisemblablement se transformer en son contraire. Je n’ai pas trop de sympathie pour agapè, ce qui explique probablement mon incapacité à haïr qui que ce soit…

    * Tout le monde devrait se souvenir de la définition de l’amour chez les Grecs, qui en connaissaient un rayon : eros, pas besoin de faire un dessin. Philia, précisément l’amour sans sexe par essence. Raison pour laquelle le terme « pédophile » est une escroquerie langagière. C’est l’amour des parents pour leurs enfants et réciproquement, entre amis, entre frères et sœurs…

    Agapè, c’est l’amour universel. Celui qui advient quand on applique une électrode contre votre cerveau et que vous pensez que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil… Une forme d’amour plutôt suspecte.