• Responsabilité (ou irresponsabilité) des intellectuels

    On apprend aujourd’hui * que des « scientifiques » se paient une pleine page de publicité dans 24 heures en faveur des militants du climat qui sont jugés pour atteinte à la propriété privée. Qu’importent les précisions sur leur acte, la question n’est pas là. Ils se croient autorisés d’accomplir des actes illégaux en vertu de l’urgence climatique. Un juge maladroit et incompétent a cru bon de les absoudre, pour cette raison. Le TF en a heureusement décidé autrement.

    Il est particulièrement intéressant, intellectuellement parlant, de constater que des « scientifiques », qui ont une tendance certaine à faire de la science un objet divin, passent avec autant de légèreté sur ce qu’est le Droit. On dirait même qu’ils ne se sont jamais posé cette question. Des esprits bien peu curieux, disons-le tout net. Les lois, c’est l’ossature de notre société, ce sur quoi elle tient. Dans notre société démocratique, elles sont issues du Parlement, élu par le peuple, et elles sont le fruit des compromis trouvés entre toutes les tendances politiques qui y ont voix au chapitre. Les transgresser, c’est donc l’acte anti-démocratique par excellence.

    Les activistes du climat ne se soucient en aucune manière de démocratie. Seule compte pour eux l’ « urgence climatique ». Pour le moment, leurs actions illégales sont restées mineures. Mais le terrorisme environnementaliste existe depuis longtemps. Jean-Christophe Rufin en a tiré un roman en 2007, « le Parfum d’Adam ». Il est plus que probable que les activistes d’ici, XR ou d’autres, vont passer à la violence supérieure dans un avenir plus ou moins proche. Comme l'ont fait les véganes...

    Voilà donc une poignée d’intellectuels à la petite semaine qui voudraient changer le Droit ou l’abolir, pour soutenir leurs jeunes souches extrémistes. Ajoutez à cela qu’il en est à peu près de même chez les vociférants de la liberté, hostiles au vaccin à ARNmessager ou autres. Et n’oublions pas la virulence toujours plus exacerbée des sexistes qui se déguisent sous le chapeau bon chic bon genre du féminisme. Nous voilà bien...

    Reste à nous expliquer en quoi l’occupation d’une banque modifie en quoi que ce soit l’urgence climatique. Mais ça, c’est largement au-dessus des moyens intellectuels de nos signataires de pacotille.

    En sus, la séparation des pouvoirs, en particulier l’indépendance du pouvoir judiciaire par rapport aux deux autres, a toujours été problématique. Les juges ne sont pas des anges tombés du ciel. Ils peuvent être ultra-réactionnaires ou gauchistes décomplexés (visiblement la majorité aujourd’hui). Qu’on les tire au sort ou qu’on les nomme, cela reste vrai. Il faudra donc faire très attention aux volontés de la gauche de créer à tout prix une Cour constitutionnelle, que nos Pères de la Patrie à nous ont évité soigneusement pour de bonnes raisons : il n’y a qu’à voir ce qui se passe aux USA à chaque nomination de juge dans cette Cour. Ou comment les activistes attaquent les États juridiquement, puisqu’ils sont démocratiquement complétement minoritaires.

     

    *au jour d’hodie (latin) hoy (espagnol) hoje (portugais) huy (français), note à l’usage des cuistres amateurs du super-pléonasme « au jour d’aujourd’hui »…