Félicitations à Emmanuel Macron

C’est vraiment exceptionnel : un président français ose dire la vérité aux Algériens. En gros, que depuis l’Indépendance, qui a fait refluer un million de pieds-noirs en France et causé la mort de cent mille harkis, assassinés de façon atroce par les sbires du FLN et la foule associée, l’Algérie ne fonctionne que sous la coupe d’une bande de profiteurs accapareurs, qui se défaussent des difficultés que provoquent leurs détournements sur la France.

C’est bien, M.Macron, mais il était temps ! Et cela rattrape un peu votre « horreur » d’avant votre élection : « la colonisation est un crime contre l’humanité ». Aha. Y a-t-il encore un innocent sur Terre, après ça ? Connaissez-vous un peuple innocent ? Les Helvètes ? Ils auraient bien aimé, mais ils se sont fait ramasser par Jules César… Les autres Suisses, les Alémaniques ? Plus colonisateurs qu’eux, y a pas…

La réaction des Algériens ? Très instructive pour ceux qui ne connaissent pas vraiment l’Afrique et le Maghreb. Indignation générale, même et surtout de la part de l’opposition à l’actuel président algérien. Pour qui a travaillé en ces contrées, rien de nouveau ou d’original. Les élites de ces pays sont toutes faites du même bois. Un solide tiers-mondisme revendicateur, qui tient pour acquis que toutes les civilisations se valent. L’Algérie d’avant la colonisation française ne vivait que de rapines. On ne parle jamais des esclaves blancs raptés en Méditerranée par ces bandits, on se demande bien pourquoi… Dans les pays africains noirs, je n’ai jamais rencontré de problèmes avec les gens du peuple mais me suis vite rendu compte que toute discussion sérieuse avec leurs élites étaient à éviter. Comme au Maghreb, tout est de la faute des Blancs. La traite, la colonisation…

Mais comme l’explique Olivier Pétré-Grenouilleau, la principale traite en Afrique était interne, la seconde était arabe. Au XIXème siècle, 50% des Africains étaient esclaves des autres Africains… Encore aujourd’hui, la petite fille de moins de dix ans qui fait toutes les tâches ménagères n’est pas vraiment là de son plein gré et n’a pas d’autre choix que de bosser comme une esclave. Ce genre de pratique se retrouve d’ailleurs à Genève, qui, puisqu’elle est une ville internationale, se doit d’être accueillante diplomatiquement parlant…

Bien entendu, le geste de Macron peut être interprété comme électoraliste. Certes, mais il l’a fait ! Contrairement aux lâchetés opportunistes de tous les anciens présidents…

La woke culture s’appuie sur l’idéologie hyper-nationaliste des états du sud. On espère que cela aura des effets dans leurs sanctuaires, les universités…

Commentaires

  • Peut-on dire du bien de Macron ?

  • « Pour qui a travaillé en ces contrées, rien de nouveau ou d’original. Les élites de ces pays sont toutes faites du même bois. »

    On ne saurait mieux dire, mes souvenirs datent des années 70. « Un solide tiers-mondisme revendicateur » ? Certes, la belle époque de Boumediene qui faisait la leçon à l’Europe, campé sur ses ressources gazières et pétrolières…Nasser le grand modèle. Pouvait pas s’empêcher d’un cours de géopolitique à chaque rencontre…Il l’avait prémonitoire, ce cher homme, au moins sur un point quand il affirmait que « Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire. »

    Les élites corrompues jusqu’au trognon, les ai vus de près ces révolutionnaires en chemises Cardin...Leurs éminences devenues très laïques avaient viré leur foi islamique pour celle des lendemains qui chantent. Rétrospectivement, la greffe n’a pas pris, eux se sont gourés, le moins que l’on puisse dire. Ils ont dû se réadapter, remettre leurs djellabas et refréquenter la mosquée. Les quelques rares idéalistes sont morts en exil (souvent en Suisse) ou décédées fort opportunément.

    Les jeunes Algériens qui rêvent tous de se barrer n'ont pas fini de soutenir les murs (expression populaire des désœuvrés appuyés contre les murs des immeubles en attente d'un emploi)

  • Pour ceux qui regardent le C dans l'air en ce moment, je recommande la lecture du livre de Jacques Demougin, "Les mensonges de la guerre d'Algérie", ISBN : 2-7441 - 8784-4.
    Il n'est jamais trop tard pour combattre les idées reçues...
    Aussaresses a toujours rappelé que la guerre d'Algérie avait commencé par le massacre de 53 élèves d'une petite école, tous égorgés. L'institutrice clouée nue à la porte de sa classe, les seins coupés...
    De quoi endurcir le coeur de n'importe quel parachutiste...

  • Géo,

    "Pour qui a travaillé en ces contrées, "

    Vous avez travaillé en Algérie?

    Et Gislebert aussi? A Alger? Dans quel hôpital?

  • Daniel@ Par "dans ces contrées", je parlais de façon générale. J'aurais eu l'occasion de travailler en Algérie, à Sétif, mais un attentat contre la police a fait 25 morts dans la région peu auparavant. J'ai préféré renoncer...
    Cela dit, j'ai une opinion assez basse de l'Algérie pour l'avoir traversé sac à dos à 20 ans. Les enfants qui nous jetaient des cailloux parce qu'on était blancs...

  • A Alger, essentiellement, au sein d’une clinique appartenant à la Mutuelle…de la Police ! Ce qui ne laissait pas d’étonner la flicaille lors des nombreux contrôles routiers…Pas à l’hôpital Mustapha qu’il m’est arrivé de ne visiter qu' en « touriste », ça valait mieux d'ailleurs…

    Nous étions « réservés » si j’ose ainsi m’exprimer aux huiles du régime, pas le petit peuple…Parachutés à la suite d’un accord entre mon patron de l’époque et Boumediene qu’il avait soigné, le fait du prince donc, nous n’étions guère appréciés. C’était l’année de la mort de Georges Pompidou, 1974, la sécheresse avait déjà sévi au Sahel, bousillant les troupeaux de chameaux, la population targuie du Mali, Niger et d’Algérie du Sud avait été regroupée à Tamanrasset : campagne de vaccinations et d’assistance alimentaire, le train-train habituel.
    Pas mal de souvenirs et d’anecdotes qui émergent, des bons (la beauté du pays, la gentillesse des petites gens, le dévouement des confrères chiliens exilés après la chute d’Allende) et des moins bons aussi (la jactance et l’arrogance des élites, le comportement des coopérants francaoui dont la plupart n’étaient venus que pour doubler leur salaire), de quoi défriser les illuses que l’on peut nourrir quand on a moins de trente ans, une belle expérience quand même, malgré les anacondas avalés, faut dire que nous étions jeunes… J’arrête là, qui cela pourrait intéresser ?

  • Rabbit, qui est arrivé à la frontière nord du Sénégal en octobre 1974. Là, on lui a dit qu'il n'avait pas plu depuis 7 ans. Ce qui expliquait tous ces cadavres de bestiaux croisés le long de la route depuis Dakar. Il a plu 2 jours en juillet 1975. En août de cette année-là, je suis venu en vacances à Crans pour toucher la neige à Plaine-Morte. Puis, je suis retourné là-bas où, dans le fond, ce n'était pas pire qu'ailleurs. Rabbit s'habitue à toutes les conditions d'existence.

  • "qui cela pourrait intéresser ?" Les tiers-mondistes de salon. Un tiers-mondiste deux tiers mondain... (c'était à l'usage de Kouchner, mais ils sont une multitude aujourd'hui...)

  • Répondais à Daniel@ et ne saisis pas très bien à qui s’adresse votre remarque. Vous m’assimilez à un tiers-mondiste de salon ? Grand bien vous fasse si cela peut vous soulager de vos humeurs peccantes. Quant au Kouchner porteur de sacs de riz, on peut en penser ce que l’on veut, mais primitivement MSF, dont il est un des treize cofondateurs, n’était pas une mauvaise idée. Actuellement, l’organisation avec d’autres ONG s’emploie à sauver les Africains en perdition en Méditerranée. Louable effort si l’on pense qu’une partie de ces naufragés, une fois la botte remontée et les Alpes franchies ne va pas tarder à investir le Chablais pour revigorer la race. Ce ne sont pas les Chablaisiennes qui vont s’en plaindre…

  • "Rabbit s'habitue à toutes les conditions d'existence." Même les difficiles ?

  • Difficiles, parce qu'elles rompent complètement avec les habitudes qui avaient cours jusque-là. Mais, comme c'est l'effet recherché, il n'y a aucune raison de se plaindre. Pour la logistique, on arrive toujours à s'arranger au mieux. Au début, c'est inconfortable; mais après avoir pas mal sillonné la planète, on se rend compte que les gens sont partout pareils. Il va falloir que j'en parle avec Elon Musk...

  • Gislebert@ "qui cela pourrait intéresser ?" Je trouvais que vous répondiez bien à Daniel, et que cela pouvait servir à ceux qui parlent du Tiers-Monde ici sans rien en connaître, c'est tout. Quant à Kouchner, je vous rappelle qu'il s'est fait connaître pour sa gestion désastreuse du Kosovo par la suite. Et par ses ricanements envers la Suisse à l'époque des otages de Khadafi. Pour moi, c'est ce qui se fait de pire dans le genre.
    Cela dit, votre remarque " investir le Chablais pour revigorer la race. Ce ne sont pas les Chablaisiennes qui vont s’en plaindre…" est du plus mauvais goût qui soit. On ne s'attendait pas à qqch comme ça de votre part. Ou peut-être bien que si, quand on y pense..,.

  • Très heureux de corroborer la triste opinion que vous avez de mon humble personne...

  • Comme vous le savez, je suis très loin d'avoir une "triste opinion de votre personne". Mais cette remarque sur l'amélioration de la race chablaisienne me semble du plus mauvais goût. Et je tenais à le faire savoir. Encore une fois, je ne faisais dans mon commentaire que dire que votre témoignage était utile à ceux qui parlent du Tiers-monde sans le connaître. Vos commentaires restent les bienvenus, parce qu'ils sont en général très pertinents et très intéressants. Punkt schluss.

  • @Géo
    Je suis presque certaine que c'est dans un film de Buster Keaton que l'on voit un type appuyé contre une maison qui s'écroule lorsqu'il s'éloigne. Excellent gag et bon souvenir.

  • Mère-Grand@ Je veux être honnête. Je ne sais pas à qui s'applique votre commentaire. Cela dit, j'ai adoré les films de Buster Keaton...

  • "Je veux être honnête. Je ne sais pas à qui s'applique votre commentaire."

    Aux jeunes Algériens qui soutiennent les murs. Il faut suivre.

    Merci aux deux G pour leurs réponses.

    Oui, cela m'intéresse beaucoup. Je connais quelqu'un qui connaît très bien l'Algérie et qui loin d'être désabusé a vécu - d'après ce qu'il raconte - une expérience courte, mais extraordinaire. Gislebert a donc connu les hittistes. Intéressant. Ce qui est intéressant, c'est aussi sa vision négative. Notamment des Français. Parce que ce qui m'a été rapporté est à cent lieue de ce qu'il avance. Un autre monde, une autre expérience je présume. Il a dû faire partie des privilégiés au contact de l'élite et non au contact du peuple et des coopérants travaillant avec le peuple algérien.

    Quant à la "rente mémorielle" elle me fait doucement rigoler quand je pense à cette autre rente mémorielle qui est une véritable industrie à en croire un certain Finkelstein.

  • @Géo
    Comme l'écrit Daniel, je me référais au commentaire de Gislebert qui comporte ce passage
    "Les jeunes Algériens qui rêvent tous de se barrer n'ont pas fini de soutenir les murs (expression populaire des désœuvrés appuyés contre les murs des immeubles en attente d'un emploi)"
    Je me suis donc trompé de destinataire. Avec mes excuses à Gislebert, le véritable auteur.

  • Daniel@ "Il a dû faire partie des privilégiés au contact de l'élite et non au contact du peuple et des coopérants travaillant avec le peuple algérien."
    A mettre en relation avec ce que j'ai écrit dans mon billet :
    "Dans les pays africains noirs, je n’ai jamais rencontré de problèmes avec les gens du peuple mais me suis vite rendu compte que toute discussion sérieuse avec leurs élites étaient à éviter."
    En Mauritanie, par contre, à cause d'une certaine arrogance islamiste, vous pouvez avoir des contacts désagréables avec des gens du peuple. Avec les hommes, les femmes sont cachées ou inaccessibles, de toute façon...

  • Puisque nous dissertons sur le thème du voyage, je viens d'établir mon bilan carbone et c'est angoissant : environ 102'000 km par avion entre 2012 et 2019. Je crains maintenant que les éco-psychorigides me présentent la facture. Que faire? Sauter dans un avion...

  • "Que faire? Sauter dans un avion..." Ou changer de sexe ? Vous deviendrez un héros/héroïne inattaquable...

  • J'ai parlé de la chose à Mme Rabbit: elle m'a simplement répondu qu'elle avait déjà trois sœurs. Ayons une fois de plus confiance en la sagesse chinoise et les hommes gagnerons une chance de ne pas passer à la casse.

  • Mais fallait-il demander son avis à mme Rabbit ? La réponse était connue d'avance. Elles épousent un idiot en charge de leurs soucis quotidiens, ce n'est pas pour le laisser filer à l'anglaise... (et quand je dis "à l'nglaise", on se comprend)

  • M’en tamponner le coquillard, devrais-je, mais quelques précisions à propos des commentaires de l'aimable taulier et de son disciple Daniel : privilégiés ? Oui et non, nous ne l’étions pas spécialement, pas plus qu’un fonctionnaire algérien moyen, bien davantage que les résidents des bidonvilles d’alors c’est certain, mais nous étions au contact de la nomenklatura dont il fallait s’occuper ainsi que de leurs marmots. Nuance.
    Nous vivions dans un appart’ HLM algérien au milieu d’ une colonie d’expatriés français : la plupart de ces « coopérants » attendaient qui leur nomination, qui leur nouveau grade pour regagner la Mère Patrie. Ils avaient souvent des carrières jalonnées d’établissement dans les anciennes colonies africaines. Rien à voir en Algérie avec les conditions de vie qu’ils avaient pu rencontrer au Sénégal ou en Côte d’Ivoire, la transition leur faisait tirer une gueule de carême, pardon de ramadan…
    Les jeunes, souvent dans l’enseignement, avaient choisi le séjour pour remplacer le service national, ils étaient les plus motivés, du moins au départ. Mais le seul coopérant désintéressé et investi de sa mission qui nous ait impressionné, nous l’avons rencontré au sud de Tam’, lors d’une randonnée, un beau matin, torse nu, en train d’aménager à la pelle et la pioche une foggara avec les paysans du bled, c’était un prêtre appartenant à la Fraternité de Foucauld… J’espère qu’il a survécu à la décennie sanglante et furieuse des années d’égorgement. J'arrête là les souvenirs.

  • "Les jeunes, souvent dans l’enseignement, avaient choisi le séjour pour remplacer le service national, ils étaient les plus motivés, du moins au départ."
    Pour avoir côtoyé une ex-volontaire du progrès française, j'ai appris pas mal d'anecdotes assez croustillantes à leur sujet. Il faut dire que leurs chefs étaient assez du genre irresponsables. Envoyer un gosse de vingt ans se perdre dans un bled au fond du désert, seul et sans assistance... Cela a réussi à certains, un peu moins à d'autres...
    La meilleure : après ses deux ans de mission dans la région de Gao, l'un d'eux a décidé de rentrer en France avec la Pigeot bâchée de service. Il est arrivé à Paris, s'est rendu aux bureaux des VP, et a simplement rendu les clefs en disant que le voyage était magnifique, merci.
    Apprenant cela, le coordinateur général s'est rendu chez le responsable du secteur et lui a demandé des nouvelles de son volontaire, à Assongho sauf erreur. "Mais très bien...Pas de nouvelles, bonnes nouvelles..."
    Paraît qu'il a été viré...

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