Courbe de Gauss

 

A mon avis, le principal problème des idéalistes de gauche, pseudo-écologistes, c’est leur méconnaissance totale des statistiques. Ils veulent lutter contre la faim dans le monde. Oh la noblesse d’âme ! On a tous entendu pleurnicher le Ziegler le soir au fond des bois ! Mais comme il a raison, comme c’est triste un enfant qui se meurt de faim. Sauf que. Les lois de la statistique ne mentent pas beaucoup, sauf si c’est Churchill qui les manipule. La courbe de Gauss restera toujours une courbe de Gauss.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_normale

Ce qui signifie, si l’on a une population humaine mondiale qui croît sans arrêt, qu’elle se répartit dans sa « fortune » selon une courbe de Gauss. Pour fortune, je vous invite à penser autant à « audaces fortuna juvat » qu’à la notion de fortune de mer. Il y aura toujours, quelles que soient les circonstances, même si les pires gauchistes écolos (et surtout si, par ailleurs…) arrivent partout au pouvoir, des gens sur la partie gauche de la courbe de Gauss qui mourront de faim, de soif et de désespoir. Et des gens sur la partie droite de la courbe, qui bénéficieront des plus grands privilèges, qu’ils soient cadres du PC chinois, ou cadres de UBS ou de je ne sais quelle société des GAFA. Ou cadres du parti « écologiste » au pouvoir. Oh, pas tout de suite ! Les sincères, comme Zinoviev ou Kamenev dans les années 36, se font éliminer. Après, le nouveau camarade Staline, ou Mao, ou Pol Pot, quant à lui… aura droit à ses trois jouvencelles par jour, comme l’empereur Mao.

 Le dicton populaire veut que si vous mélangiez de l’eau et de l’huile dans une bouteille, l’huile finit invariablement par surmonter l’eau. Il en est de même chez les humains. Les cadres écolos, c’est-à-dire crypto-communistes, auront les meilleures datchas, les meilleures situations partout parce que c’est une règle immuable de tous groupes d’animaux, humains ou pas.

La base de leur tricherie, c’est de traiter toutes les sociétés comme égales. En valeur, donc en droit. Et en droit chez nous qui avons d’autres valeurs, et c’est là que le bât blesse. C’est là qu’il faut se battre et refuser l’escroquerie de ces gens, ceux qui se disent humanitaires, qui subventionnent des bateaux pour faire venir plus de gens de culture non seulement étrangère, mais totalement antagonique à la nôtre. Ils font notre malheur, mais aussi le malheur de ces émigrés, qui n’ont aucun avenir en Europe, à moins de séduire une pauvre nunuche européenne (et il y en a beaucoup, malheureusement). Cela fait depuis les années 60 que nous infantilisons les Africains par le moyen de l’aide au développement, qui est tout le contraire de ce qu’elle prétend. C’est une institution dont le seul résultat est de bloquer toute tentative de développement en Afrique ou ailleurs. Ou alors, pire : promouvoir la culture de l’huile de palme en Indonésie, et trente ans plus tard se battre contre en Europe…

L’inculture des populations européennes sur ces questions est monstrueuse, complétement manipulées qu’elles sont par les Eglises, les ONG et les organisations internationales en mains des gouvernements du Tiers-Monde. Le Qatar ou l’Iran dirige la commission de l’ONU sur le droit des femmes, cela devrait tout de même vous questionner, non ?

Ne manquez pas de lire :

  • « Et si l’Afrique refusait le développement ? «   Axelle Kabou, L’Harmattan 1991
  • « Négrologie » « Pourquoi l’Afrique meurt » Stephen Smith, Calmann-Lévy, 2003

Commentaires

  • Les billets se suivent, leur mise en valeur par l’éditeur reste la même, fort discrète pour utiliser une litote…Il y aurait donc des blogs honteux, comme l’on appelait certaines maladies au siècle dernier, que l’on cacherait... Il faut vraiment vous chercher pour vous trouver.
    Passons

    Votre constat laisse un goût saumâtre, bien amer. Venant de quelqu’un qui a passé des années dans l’aide au développement suisse, lire que l’action de cette aide va à fin contraire, cela fiche comme un sérieux ébranlement dans les certitudes… L’élan de la solidarité programmée se voit coupé de ses ailes. Les acteurs animés de meilleures intentions du monde sont donc consciemment ou non les pourvoyeurs de problèmes insolubles pour nos sociétés qu’ils vont à terme déstabiliser. Partager le gâteau, fort bien, mais s’il faut trop de parts, le filet social asséché de ses derniers maravédis, il n’y aura plus de gâteau, plus rien pour personne. Peut-être est-ce le but recherché.

    Comme tout le monde, j’ai vu ces images d’adultes et d’enfants engoncés dans leur gilet orange, barbotant dans la mer, en quête d’une main secourable, aussi les corps d’autres moins chanceux flottant entre deux eaux ballotés par le ressac ou échoués sur les rivages. Impossible de ne pas réagir, les laisser boire la tasse. C’est en amont qu’il faudrait s’employer, claironnent les grandes âmes, attaquer et détruire les mafias organisatrices de ces passages. Pauvres diables exploités, rançonnés et grugés de toute façon d’un côté, pauvres cons de l’autre, nous en l’occurrence, englués dans notre bonne conscience… L’enfer est pavé des meilleures intentions.

    Intervenir, se mêler de leur chorba ? Idée lumineuse…On voit le gâchis quand les armées occidentales ramènent leurs gros sabots, faut-il mentionner l’Afghanistan, l’Irak, la dévastation de la Syrie ? Pareil en Libye, Kadhafi n’était certes pas un démocrate selon notre cœur, mais il faisait barrage, tempérait les ardeurs migratoires. Il en jouait d’ailleurs par chantage avec les pays d’Europe. J’ai visité le pays au début des années 2000, sillonné un peu son désert au Sud, les oasis, les Tassili, une merveille….On pouvait s’y promener sans crainte. Des activités au point mort depuis un bout de temps, guerre civile et épidémie ne font jamais les affaires du tourisme… Maintenant le pays est devenu un coupe-gorge, le terrain de jeu de factions rivales en quête du pouvoir, un enfer aux dires des migrants africains qui l’ont traversé. On pourrait lui appliquer l’expression d’un Pied-noir rapatrié quand il apprit que j’allais bosser en Algérie, il y a 50 ans : « Tu vas être à la merci du premier con venu ! ». Bon, il était rancunier cet homme, mais c’était tapé au coin du bon sens…

    Finalement, on en revient toujours pour une partie de l’équation à la surpopulation du continent, ou sa mauvaise répartition, le sujet d’un billet précédent. La fuite de tous ces hommes jeunes en majorité ne va rien arranger.
    Je ne connais pas les ouvrages que vous recommandez, j’en suis resté à celui de l’agronome René Dumont des années 70, au titre prémonitoire « L’Afrique noire est mal partie ». L’ai pas retrouvé, mais si mes souvenirs sont bons, Dumont insistait sur l’importance des cultures vivrières pour nourrir ce continent peuplé de paysans et sur le rôle de ceux-ci. Il avait aussi épinglé la corruption, le népotisme, sans oublier les corrupteurs… Les choses ont-elles changé ?
    Le bouquin avait provoqué un beau tollé à l’époque, chez les intellectuels et les étudiants noirs en France qui avaient signifié à l’auteur qu’il n’avait rien compris, car eux allaient amener la révolution…
    La révolution, c’est bien connu, dévore ses enfants, ça n’a pas manqué.

  • " Venant de quelqu’un qui a passé des années dans l’aide au développement suisse" Il y a erreur sur le CV. J'ai travaillé principalement comme "ingénieur sanitaire" dans l'humanitaire (CICR) et comme hydrogéologue pour le FED (Fonds européen de développement), la KfW (Kreditanstalt für Wiederaufbau), la Coopération française et Helvetas, comme conseiller technique pour le Département des Eaux de Pemba (Cabo Delgado). Jamais je n'ai eu mon mot à dire sur la politique de développement de mes employeurs. La seule fois où j'ai bossé pour un secteur de la DDC, l'aide en cas de catastrophe, cela s'est terminé en catastrophe, et le nom de cette catastrophe est Micheline Calmy-Rey. Je travaillais en effet au Kosovo et nous nous efforcions de maintenir un équilibre entre intérêts serbes et albanais. Pour obéir à Hillary Clinton, MCR a reconnu l'indépendance du Kosovo pour permettre la création d'une immense base militaire étasunienne. Passons...
    Revenons au développement. La revue "Un seul monde", l'organe de la DDC (Direction pour le développement et la coopération suisse)de mars 2008 dans l'éditorial "Périscope" indiquait:
    "Entre 1990 et 2005, les guerres ont coûté à l'Afrique l'équivalent de quelque 353 milliards de francs. Ce montant comprend les coûts directs des conflits (...)
    Il correspond à peu près au volume de l'aide internationale attribuée au continent noir durant cette même période."
    On ne saurait mieux résumer la situation. Finançons et construisons des routes, des écoles, des hôpitaux pour ces pauvres Africains. Et payons même le salaire de leurs personnel soignant, de leurs enseignants et fermons les yeux pour les 15% en moyenne (chiffre vraisemblablement très sous-évalué) qui va directement dans les comptes des élites africaines, qui ne savent faire que ça. Jouir de leur place stratégique ou la défendre contre d'autres prétentions et donc se faire la guerre...
    Les Africains doivent se prendre en mains, plutôt que fuir lâchement en Europe. On a tous vu les Burkinabés se défaire de Blaise Compaoré sans trop de sang. Leur reste le problème des djihadistes, mais c'est une autre histoire...

  • Et Lapin, mon préféré, il roupille ? L’ a séjourné en Afrique je crois bien, et sauté heu… d’un pays à l’autre, que ne vient-il nous esbaubir avec ses expériences textuelles et sa connaissance en profondeur du continent noir…? Faut toujours qu’il se fasse prier…

  • Il me semblait bien que vous ne pouviez plus vous passer de lui...

  • Ben faut avouer que, comme vous, il contribue à l'élévation du débat. Soyons reconnaissants de sa participation et prenons ce qu'il daigne nous offrir.

  • "Que du bonheur" comme dirait notre artiste local aussi attachant que touchant, Alain Morisod qui s'en tape d'être ringard.

    Je suis très reconnaissant à Géo de s'être résigné à rouvrir un blog pour nous faire profiter de son expérience de vie et tout particulièrement lorsqu'il se limite à nous communiquer des faits vécus qui nous permettent de mieux comprendre les enjeux de la migration au sens large.

    Mais... car il y a un mais qui n'est pas une joute, une contestation des observations. Juste un addendum sur les conclusions.

    Le monde est en bouleversement profond et il est impossible de détacher un sujet de l'ensemble. On ne peut parler seulement d'immigration et analyser ses conséquences. Tout est lié et il est devenu impératif de faire une synthèse de l'état du monde actuel qui prenne compte de tous les éléments qui le composent.
    Et là, je vois la limite de nos petits esprits qui en sont incapables sans l'aide de la machine.
    Vous voyez certainement où je me dirige avec ces propos. Il n'est plus possible aujourd'hui d'analyser et étudier les évènements sans l'aide d'un synthétiseur, un super ordinateur qui permette, puisque c'est sa tâcher première, de prendre en compte tous les paramètres et les arranger pour en tirer des conclusions utiles.
    C'est pourquoi je dois avouer que, autant je suis réticent aux velléités du WEF et des allumés transhumanistes de nous imposer leur agenda, autant je comprends leurs préoccupations pour faire avancer une humanité qui continue de manière presque absurde à se tirer la bourre au lieu de coopérer.
    Les références ne manquent pas pour les curieux. Je ne vais pas vous faire la liste, tout est disponible pour celui qui est intéressé. Pour les autres, tout ce que je pourrais suggérer c'est qu'ils s'abstiennent mais c'est peut-être trop demander, car plus on est con plus on a envie de causer.

  • "une humanité qui continue de manière presque absurde à se tirer la bourre au lieu de coopérer." La première mesure à prendre pour l'humanité serait de limiter les naissances partout, et on n'en est pas sur la voie, c'est le moins que l'on puisse dire. Ensuite, Pierre Jenni, vous avez été un des premiers à nous parler du remplacement des travailleurs par des machines. Nous n'avons de manière générale plus besoin en Europe de main d'oeuvre bon marché. Les Espagnols devront se priver de leurs esclaves africains, si l'on me suit ? Qui est enchanté par la situation de ces esclaves dans les serres d'Andalousie ? Pour nous envoyer des fraises que tout le monde trouve insipides ?
    Nous ne pouvons pas re-coloniser l'Afrique et personne ne le voudrait, bien que la Chine... Quoi qu'il en soit, il appartient aux Africains de "faire la révolution" et de trouver le chemin de leur propre développement. Il appartient aux Afghans qui pensent qu'il n'y a pas d'avenir dans leur pays d'avoir le courage de lutter sur place pour en créer un. Les peuples européens ont fait les révolutions qu'il fallait, et les autres n'en seraient pas capables ? C'est du racisme ou je n'y connais rien...
    Quant aux réfugiés syriens, l'élite du pays, la question se pose : les Syriens qui sont restés dans les camps HCR n'avaient -ils donc pas besoin de médecins, d'enseignants et de techniciens de toute sorte ? Il fallait forcément envoyer ceux de MSF ?

  • Je suis parfaitement d'accord avec ces considérations. J'attends la synthèse de ces évènements qui devrait permettre de réaliser à quel point nous sommes à deux doigts de bousiller tout ce qui semblait faire sens avec l'aventure humaine et l'évolution des espèces.
    Mais au final, ce qui me rassure, c'est que l'homme n'est qu'un animal parmi les autres et sa disparition ne serait qu'une étape dans le processus.

  • C'est comme cela que ça fonctionne, PJ. L'homme n'est pas un animal plus rationnel que les rats quand on parle de masses. Quand on est trop nombreux, on se massacre parmi, qu'on soit rats ou humains. L'immense majorité des habitants de la planète se fiche complétement de son avenir. Ils veulent d'abord survivre, se nourrir eux et leur famille. Et ils sont capables d'une résilience assez stupéfiante. Imaginez ce qu'ont vécu les millions de personnes déplacées après la 2ème guerre mondiale, cela vous en donne une idée. Vous vous rendez compte ce que cela a été d'être Berlinois en 1945 ? Sans parler des quelques survivants des Allemands chassés des Sudètes (700'000 morts sur la route pour l'Allemagne...). Et vous voyez l'Allemagne aujourd'hui ?
    Les rats, tout pareils. Vous les massacrez, les chassez et vous les oubliez. Et voilà qu'ils réapparaissent mille fois plus nombreux. cf. les souris en Australie actuellement...

  • Désolé de ne pas être disponible à la demande, mais le réseau internet genevois est loin d'être à la hauteur de celui de Shanghai, voire même de celui de Swakopmund. Cela répond déjà aux questions qui devraient suivre. Pour ceux qui aiment l'aventure, l'essentiel est de s'en sortir le mieux possible: le reste n'est que littérature.

  • Texte intéressant, merci.
    Lorsque j'étais jeune enseignant, la courbe de Gauss était la référence de celui qui nous expliquait comment noter les élèves. Il la voyant manifestement comme une donnée statique autant que statistique et il n'était pas question d'en changer le dessin.
    Plus tard nous avons eu comme invité un spécialiste américain de la didactique dont le credo était justement de modifier la courbe par l'adaptation d'un enseignement qui se préoccupait essentiellement d'aplanir la fin de la courbe, par exemple en donnant plus de temps aux élèves en difficulté pour accomplir le même travail que celui des élèves plus rapides : c'est ce vise la "démocratisation des études" avec ses diverses excroissances.
    Cela a-t-il profondément changé le monde scolaire, la courbe de Gausse que vous évoquez ne règne-t-elle plus chez nous? Pour utiliser une litote, je n'en suis pas convaincu.

  • Mère-Grand@ La courbe de Gauss dont je parle s'applique à la population mondiale versus nutrition. Tant que la population mondiale n'est pas régie par une Loi universelle appliquée par un Conseil mondial exécutif (et encore, même dans ces conditions...), il y aura toujours d'énormes inégalités de répartition des biens même élémentaires. Comment voulez-vous assurer 30 litres d'eau par jour par personne dans la région sahélienne, même si c'est le standard minimum de l'ONU ? Vous pouvez manifester dans la rue, crier, vous exciter dans tous les sens, sauter sur votre chaise comme un cabri en criant "justice ! De l'eau pour tous !", quand il n'y a pas d'eau dans le sous-sol en suffisance pour tout le monde (cf.Kaya, billet précédent) ? La logique de tout cela, c'est que l'on ne met pas au monde des enfants dont on se sait incapable d'assurer le futur. Mais c'est une pensée très occidentale. Rationnelle...

  • La valorisation de la fin de courbe fait l'objet de la théorie de la longue traîne (long tail) ou marketing de niches. https://en.m.wikipedia.org/wiki/Long_tail

  • À part ça, et quoi qu'en pense Géo, mon dernier trip africain pour le compte du nucléaire chinois fut un franc succès. Même si ma cote chez les écologistes et les tiers-mondistes a fait une chute abyssale, manger des 馒头 (pains vapeur) en plein désert de Namib est une expérience transcendante.

  • "quoi qu'en pense Géo" Oh mais moi, je pense que le fait que les Chinois colonisent l'Afrique, c'est une énorme chance pour les Africains. Mais ne le répétez pas...

  • « ...le fait que les Chinois colonisent l'Afrique, c'est une énorme chance pour les Africains… »

    Hum… pour les Chinois aussi, señor Géo ? Petite rappel d’une citation du Général à Peyrefitte (années 60) :

    « (…) Depuis la fin de la guerre, les Américains nous ont assujettis sans douleur et sans guère de résistance.
    En même temps, ils essaient de nous remplacer dans nos anciennes colonies d’Afrique et d’Asie, persuadés qu’ils sauront faire mieux que nous. Je leur souhaite bien du plaisir. »

    Transposable pour les Chinois ? Lapin a sûrement un aphorisme à nous cloquer sur le pragmatisme et le réalisme de ceux-ci pour faire mieux et trancher le fichu sac de nœuds gordiens...

  • Pensez-vous que les Chinois s'y prennent de la même manière que les anciens colons ? Ils ont d'abord fait comme tout le monde, de la coopération internationale. Après le 36ème échec de culture du riz en collaboration avec les Africains, ils ont importé leur propre main d'oeuvre... et en ont tiré des leçons.

  • Culture du riz, je veux bien croire que cela a été longtemps un échec. De 1974 à 1976, je me souviens de deux Chinois venus dans la région du fleuve Sénégal pour enseigner la technique aux autochtones. Avec aussi peu de moyens que Mme Rabbit n'en avait à cette même époque, dans son pays, pour le même exercice. Avec une révolution culturelle sur le déclin, tout le monde pourra bientôt rentrer à la maison.

  • L'une des dérives de la pensée est une vision globalisante des possibles. La réalité au contraire nous donne à observer aujourd'hui des temps multiples partout sur la planète.

    Quand on se demande pourquoi l'immigration venant d'Afrique ne décide pas de rester sur ses terres d'origine, et d'ainsi lutter pour améliorer sa situation comme l'on fait nos anciennes générations en Europe, l'on oublie que de nos jours la violence qui s'exerce sur les résistants aux multiples dictatures qui lentement étouffent le monde est soutenue par des technologies d'une sophistication telle que toute balance a disparu. Se battre est devenu souvent suicidaire.

    Ces technologies militaires et informatiques de répression sont le plus souvent nées chez nous, dans les pays industriels et pacifiés. Nous les avons vendues, pièces ou modes de production, et en voyons maintenant l'usage immodéré fait par les despotes de partout.

    Les soldats de fortune, autrement mieux formés qu'il y a 30 ou 40 ans, sont présents dans tous les conflits, des états puissants leurs délèguent de plus en plus ces tâches de répression de la discordance tout en leur fournissant appuis logistiques et armement. Les résistances s'acoquinent parfois avec le banditisme par nécessité, réduisant d'autant leurs chances de mener à des pouvoirs futurs exempts de corruption.

    Les élites de nos pays sont partagées entre complices et dénonciateurs de ces dérives. Les clivages rituels entre forces de progrès et forces conservatrices ont depuis longtemps fait place à une confusion des tendances, confusion largement amplifiée par le tintamarre planétaire des grands réseaux informatiques, tambours du mauvais comme du pire. Oui, oui, je ne les apprécie que point du tout si ce n'est plus encore.

    Penser exige du temps. En laisser le moins possible aux populations est devenu une pratique disponible partout, à toutes heures. Espérer qu'une machinerie informatique puisse prendre le relai et synthétiser l'ensemble des problèmes de la planète, les faire interagir de façon à nous offrir des propositions nouvelles, des solutions inattendues, me séduit comme ancien lecteur de science-fiction avec une inclination pour la hard science. J'ai le souvenir de nouvelles et romans qui allaient dans ce sens, rarement avec succès, mais aller de défaites en défaites sans perdre courage est le propre de l'humain.

    L'ESA avait demandé à la Maison d'Ailleurs, il y a quelques années, un travail de collection des moyens de propulsion de véhicules spatiaux présents dans les ouvrages que possède cette excellente institution à Yverdon. Avec l'idée que peut-être un auteur dans son ingénue fantaisie pourrait avoir suggéré un moyen inédit méritant examen. Je ne sais ce qu'il est advenu de ce travail mais l'idée me botte. Que l'ensemble des cerveaux humains, occupés à autre chose que...bon, je n'insiste pas, que cet ensemble donc puisse recéler des trésors d'imagination aptes à sauver cette foutue humanité d'elle-même me plaît bien. Pas un think tank de plus. Un cerveau global. Un Brainet, ou mieux ?

  • Pour le cerveau global, il vous faut lire Le principe de Lucifer 2 de Howard Bloom. Vous y découvrirez qu'il est, et a toujours été à l'oeuvre et de manière particulièrement sophistiquée dans deux mondes qui cohabitent, la bactérie et l'homme.

  • "Quand on se demande pourquoi l'immigration venant d'Afrique ne décide pas de rester sur ses terres d'origine, et d'ainsi lutter pour améliorer sa situation comme l'on fait nos anciennes générations en Europe, l'on oublie que de nos jours la violence qui s'exerce sur les résistants aux multiples dictatures qui lentement étouffent le monde est soutenue par des technologies d'une sophistication telle que toute balance a disparu. Se battre est devenu souvent suicidaire. "
    L'argument de la haute technologie n'est certainement pas valable pour l'Afrique. Et je rappelle l'exemple que j'ai déjà cité : les Burkinabés se sont débarrassé de Blaise Compaoré avec un minimum d'effusion de sang. Je ne dis pas qu'ils sont tirés d'affaire pour autant, évidemment...

  • @rabbit & co
    Information intéressante et utile, qui passe mieux en anglais (ici du moins) qu'en français. J'avais pensé parler de la volonté de redresser cette fin de la queue ... et j'y avais renoncé.

  • Un livre paru en 2009 ("What would Google Do ?" de Jeff Jarvis) décrit comment Google et consorts détectent et exploitent les niches.

  • Chester Edwin@ Vous parlez de l'impuissance face aux moyens technologiques. Est-ce que vous réalisez que l'armée française, avec satellites (américains), avions, drones et hélicoptères n'est pas arrivée à bout de quelques centaines de djihadistes après huit ans d'opération Barkhane ? Bon, vous me direz que ce n'est pas un hasard. Il est plus que probable que les Français ménagent les djihadistes touaregs pour les laisser diviser le Mali à leur profit. L'Azawad touarègue négociera ses richesses minières avec la France...
    Je ne vois pas d'autres explications. Il n'est tout de même pas si simple que ça de se cacher dans le désert. Ce qui m'a mis la puce à l'oreille, c'est la fuite de 500 "technicals" de Tombouctou au nez et à la barbe des Français. C'est impossible qu'ils n'aient pas sciemment fermé les yeux...

  • Cher Monsieur Géo,

    En posant les questions et en y répondant dans un même élan vous me mangez le travail.

    Les soubassements de la politique africaine de la France sont un labyrinthe exotique fort mystérieux. Les anecdotes sombres ou croquignolettes y abondent depuis des décennies. L'épisode du Rwanda l'a tout dernièrement illustré avec cruauté. N'ayant jamais voyagé en Afrique je ne veux en aucun cas déborder sur vos connaissances du terrain. Ma remarque de départ à propos des choix faits par celles et et ceux qui optent pour l'exil plutôt que pour la lutte sur place pourrait sans doute bénéficier des éclairages de connaisseurs expérimentés de ce continent.

    Les violences subies par les populations africaines de la part de leurs élites choisies ou forcées sont cependant médiatiquement observables tout au long de l'année, quelles qu'en soient les motifs déclarés ou dissimulés.

  • "Les violences subies par les populations africaines " On tourne en rond. Je vous ai déjà cité l'exemple du Burkina...Qui m'a d'ailleurs surpris. J'en étais resté à la réflexion de mon voisin infirmier à Léo, qui disait avec un sourire qu'il valait mieux conserver le Blaise, vu qu'il était déjà riche, alors que le suivant, lui...
    Vous avez abordé la question du poids des technologies pour la répression : j'ai oublié de vous répondre que les technologies favorisent aussi les insurrections un peu partout dans le monde. Cela a marché en Ukraine, et visiblement pas en Biélorussie...
    Mais l'Afrique est un continent à part. C'est pour cela que j'ai cité les ouvrages de A.Kabou et de S.Smith dans mon billet. Leur lecture est décidément très utile.
    PS. J'ai lu "La Nouvelle Grille" que vous recommandiez dans je ne sais quel blog. Si cela peut vous encourager à suivre mon conseil de lecture...

  • Réponse à Mr Chester Edwin
    Dans les années 84-85, j’ai rencontré à l’occasion de la « farewell party » d’un médecin lausannois bien connu pour l’Afghanistan pour MSF, une infirmière française à la base de la création de MSF suisse. Elle m’a indiqué que si je ne trouvais pas de travail comme géologue, ce qui était assez compréhensible en ces années de crise pétrolière, je pouvais faire mes preuves comme « capable de résister aux conditions africaines » en tant que logisticien pour MSF. Mais c’est l’UNICEF qui m’engagea pour Tombouctou. Et ses myriades d’enfants qu’il était impossible pour leurs géniteurs de nourrir sans l’aide des surplus américains, le maïs normalement destiné aux cochons. Sur les sacs de maïs « USAID », il est indiqué que ce sac ne peut être vendu. Mais il servait aux projets « Food for work » et l’UN payait ses services avec des sacs indiqués « ne doit pas être vendu ». Et donc, fort logiquement, il s’est retrouvé des sacs de ce genre au marché de Tombouctou (Tin Bukhtu serait plus exact, mais ne chipotons pas). Pour être changés contre monnaies sonnantes et trébuchantes, l’homme (et même les femmes) ne vivant pas que de maïs…
    Il s’est trouvé une équipe de télévision française qui voulait me faire figurer désignant un de ces sacs avec la dite mention, pour faire du sensationnel. J’ai bien sûr refusé mais j’ai alors bien compris les procédés, en 1986, de la communication.
    Cela s’est vérifié peu de temps après. L’UNICEF, mon employeur, a fait venir de Londres l’agence Saatchi&Saatchi pour produire les images les plus grossièrement mensongères qui soient. Sélection des habitants les plus maladifs possible pour en reconstruire une pseudo-famille, gros plan sur les gouilles desséchées (phénomène absolument normal en fin de saison des pluies), une somme de malhonnêtetés difficile à digérer. Voilà ce qu’est une campagne de fonds pour l’UNICEF, et c’est valable pour tous les autres. Récemment, à propos de l’initiative contre les multinationales irresponsables, on a vu des enfants en habits du dimanche dans des champs de coton. Le cynisme des Tiers-Mondistes (Deux tiers irresponsables…) est sans limite.
    C’est la raison de mes billets. L’infirmière française m’avait donné pour consigne « de ne jamais faire l’erreur de parler de l’Afrique aux gens de l’Europe qui n’y sont jamais allé (travailler, pas en vacances…), ils ne comprendront jamais et te traiteront de raciste ». Je ne suis pas d’accord avec cela. Il est temps de dire la vérité aux gens de l’Europe…

  • "Il est temps de dire la vérité aux gens de l’Europe…"

    Mouais... je dirais qu'il est déjà un peu tard mais bon...
    Ceci dit, ce n'est pas une raison pour exonérer les multinationales des conséquences de leurs exactions.

  • "ce n'est pas une raison pour exonérer les multinationales des conséquences de leurs exactions." On veut bien, mais de quelles exactions parlez-vous ? Vous vous doutez bien qu'il s'agît d'un détail d'importance...

  • Bon là je passe. J'ai eu la bonté de vous transmettre quantité d'informations à ce sujet et vous jouez au con. Et ce alors que vous aviez pu vérifier le sérieux du meneur, Dick Marty fer de lance d'un mouvement qui n'a cessé de documenter en profondeur le sujet.
    Dommage. Voilà qui réduit considérablement la portée de votre contribution que j'estime par ailleurs, comme Mère-Grand et Chester Edwin. Mais un peu de bonne foi ne ferait pas de mal ici.

  • Pierre Jenni@ Les multinationales ne sont pas des oeuvres de bienfaisance, tout le monde le sait. La situation actuelle en Afrique, c'est qu'elles payent des royalties énormes aux dirigeants de ces pays, qui touchent ces sommes sans bouger de leur bureau et sans le redistribuer à leur population. Mais que devons-nous faire ? L'Afrique appartient aux Africains, et c'est à eux de régler ça. Tel est mon point de vue.

  • Ouais c'est bien ce que je disais. Jouer au con.
    Car les sièges de ces sociétés se trouvent pour un tiers dans notre pays. C'est ici que les décisions se prennent. Alors mentionner la corruption des autorités africaines pour exonérer les multinationales c'est pour le moins un peu court.
    Mais surtout j'essaie de comprendre la finalité de ce débat. Quel est l'intérêt de défendre ces sociétés orientées profit exclusivement en renvoyant la faute à d'autres ?
    Comment chaque Suisse qui a voté contre l'initiative sur le sujet, comme vous apparemment, s'organise avec sa conscience. En se débarrassant de la patate chaude et en faisant confiance dans nos autorités.
    C'est tout le drame de notre époque où plus personne ne pense par lui-même tant les sujets sont devenus complexes. Cette apathie nous sera fatale et nous savons dorénavant que nos élus à l'exécutif du pays sont vendus, ou achetés, comme vous voulez. Ils se sentent bien trop petits pour défendre ce que leur bon sens leur dicte. A tel point qu'ils n'osent même plus regarder la caméra en face lorsqu'ils s'expriment sur les mesures sanitaires. (Berset)

  • « Il est temps de dire la vérité aux gens de l’Europe », rattrapons-le si vous le voulez bien.
    Voici résumé sous forme de formule ce que je sais depuis 1970: communication => publicité / propagande => marketing => $$$$$. On peut intervertir les facteurs, ça reste toujours valable.

  • On vous a connu plus... enfin disons moins fumiste, rabbit. Merci pour votre contribution...

  • Vous écrivez :

    "...Il est temps de dire la vérité aux gens de l’Europe…"

    Etant donné le nombre important d'informations directes et captivantes dont vous pouvez faire état, un ouvrage les relatant et distribué en librairie pourrait sans doute avoir plus d'impact que la fragmentaire parution de celles-ci sur des blogs lus par des flâneurs du web dont je suis.

  • Chester Edwin @ Mais non, vous en êtes la preuve ! Avant de vouloir me faire écrire un quelconque livre sur l'Afrique, ce dont je ne suis évidemment pas capable, lisez les livres que je vous ai indiqués. Et débattons ensuite de leur contenu et du hiatus qu'il y a entre la représentation de L'Afrique par les Occidentaux et sa réalité. En n'oubliant pas qu'il y a de nombreux Européens qui participent et exploitent cette mystification...

  • @Geo
    Merci de nous faire profiter de vos témoignages directs sur nombre de réalités africaines dont nous autres, qui n'y ont jamais les pieds, sommes incapables de saisir l'importance.

  • Mère-Grand@ Ce commentaire de votre part me touche beaucoup. J'aurais préféré vous le dire en privé, mais ne disposant pas de votre e-mail...

  • @Geo
    Merci à vous. Nous sommes dans la même situation en ce qui concerne nos e-mails respectifs. Il est arrivé que des blogueurs contournent cette difficulté pour m'envoyer un message, mais je ne sais pas comment ils ont fait.

  • Pierre Jenni@ Vous avez tout faux. Il y a des gens qui produisent des biens, ou qui les extraient de l'environnement. Ils investissent dans les moyens pour les produire et paient des concessions pour ce faire si nécessaire. Si cela se passe en Afrique, il y a toutes les chances qu'il faille en plus accepter de payer des dessous de table aux gens qui ont le pouvoir de vous accorder ou non cette concession. C'est valable pour tout le monde. Les sociétés minières, mais aussi les ONG ou la coopération internationale ou nationale. La fois où j'ai été chef de projet dans un pays du Sahel pour un projet d'hydraulique concernant 16 petites villes de provinces éloignées et délaissées, représentant 95'000 personnes, je devais régulièrement sous la rubrique "pétrole" prévoir une somme à verser à un responsable du ministère de l'Eau pour continuer à avoir le droit de travailler à la fourniture d'eau potable pour son peuple. La seule solution serait de tout stopper mais vous savez bien que personne ne veut ça.
    De plus, au Mozambique, alors dirigé par le Frelimo, clairement d'obédience communiste, les camarades de la DDC se sont arrangé pour ne pas obtenir d'accord de siège durant de longues années, de manière à payer (avec l'argent des contribuables suisses) beaucoup d'argent en frais de douane par solidarité politique. Je vous rappelle que les Africains ne payent jamais d'impôts mais vivent des taxes douanières, qui sont extrêmement élevées. Au Burkina, je me souviens que c'était 275% sur les voitures et j'imagine qu'au Mozambique, cela devait être du même ordre. L'avantage de ce système, c'était que les députés suisses n'y voyaient rien...
    Le monde est beaucoup plus compliqué que ce que vous imaginez, PJ...

  • Pierre est un adolescent difficile, vous aurez beau déployer des trésors de diplomatie pour expliquer votre point de vue, c'est peine perdue: il cherche avant tout à se faire remarquer pour le réconfort éphémère d'une impression d'exister.

  • "il cherche avant tout à se faire remarquer pour le réconfort éphémère d'une impression d'exister."

    Intéressante remarque qui m'interpelle d'autant plus que je la sors plus souvent qu'à mon tour mais dans des cas plus évidents comme Corto par exemple.

    Oui, le réconfort est toujours éphémère et d'autant plus bref s'il est provoqué par une impression forcément personnelle, relative et discutable.

    Mais non, désolé de vous décevoir rabbit, je viens ici pour participer à l'échange et repousser mon envie de m'isoler dans ma grotte. J'ai mis un certain temps à réaliser la vanité de tenir un blog et je suis toujours sidéré de vérifier à quel point chaque intervenant se prend au sérieux, même lorsqu'il fait preuve d'humour, de dérision et de recul. Pour moi, tout le monde a toujours raison. Ce n'est qu'une grille de lecture qui correspond à un chemin particulier.

    Je comprends donc parfaitement les remarques de Géo et, comme Mère-Grand, je profite de son expérience pour parfaire mes connaissances.
    Mais je persiste dans ma lecture, certes un brin naïve, car je ne puis me résigner au cynisme de ces propos. Je confirme donc que j'ai honte d'être Suisse aujourd'hui depuis que le peuple a refusé de mettre un terme à la participation du pays à ces horreurs pour préserver sa qualité de vie, qui est déjà pour ainsi dire indécente en comparaison avec n'importe quel autre dans le monde.
    Je ne vote plus donc. Sauf une petite exception sur les deux lois liberticides du 13 juin qui seront évidemment acceptées, mais je tenais à participer à la résistance sur ce coup, même si le geste est symbolique et même si, en définitive, rien n'a vraiment d'importance car la vie se charge toujours de préserver et garantir l'équilibre. Nos petits soubresauts sont insignifiants à l'échelle de l'espace et du temps incommensurables. Alors mes mots ici..., je les mesure à cette aulne. J'ai toutefois du plaisir à rester en contact et j'apprécie les critiques. Je jouis presque de la censure quasi systématique chez Décaillet et ponctuelle chez Hollenweg. Ils me confortent dans tous les sens et me confirment que je n'attends rien en retour. C'est gratuit.

  • "Pour moi, tout le monde a toujours raison." Vous avez parfaitement mis le doigt sur votre problème, PJ. Nous cherchons tous notre voie :
    Notre vie est un voyage
    Dans l'hiver et dans la nuit;
    Nous cherchons notre passage
    Sous un ciel où rien ne luit.
    Mais tout le monde ne la trouve pas. C'est pourquoi nous échangeons des idées en les argumentant du mieux que nous pouvons...
    Si vous pensez que tout le monde a raison, vous continuerez de vous vautrer dans le marigot de la sous-pensée.

  • En effet, le sous-jacent n'est partout le même. Il y a les dilettantes, les vindicatifs, les malfaisants, les touristes et ceux qui cherchent leur chat (en référence au film de Cédric Klapisch). Le petit monde du commentaire, que je défends depuis 14 ans comme un monde parallèle à l'intérieur de la blogosphère. Celui où l'échange relègue le motif déclencheur à un rôle secondaire. Raison pour laquelle le nom de l'intervenant importe peu et qu'il peut s'exprimer de manière différente sous divers avatars: ce qui permet d'étoffer la richesse du flux sémantique. Tout ça traité par une intelligence artificielle devrait donner des résultats surptenants. Géo répondra bien sûr que ça n'amuse que moi depuis 14 ans, et que... et que... et que...

  • Joli terme ce marigot. Décidément, j'en apprends tous les jours.
    Me vautrer, oui, je pense que je sais faire. Je dois même avoir appris à perfectionner la technique pour jouir un max. Mais pas d'aplaventrisme ici. Vous connaissez suffisamment le bonhomme pour savoir que j'ai des idées et que je les propose à la sagacité de ceux qui veulent bien me lire. En revanche, je suis de plus en plus détaché des conséquences depuis que j'ai compris que nous n'avons accès que lorsque nous sommes prêts. Et donc, lorsque nous avons fait nôtre une vision que nous combattions.
    Pour le dire plus simplement, j'ai perdu goût à la controverse alors que j'étais un provocateur né. J'ai compris que nous parlions des langages différents qui nous empêchent de nous comprendre et qui sont à la base de la plupart des conflits provoqués la plupart du temps par des malentendus. Mais surtout j'ai compris que lorsqu'on défend une position, on appelle au secours, on réclame de la reconnaissance, on exige de la compréhension. Je n'éprouve plus du tout ces émotions.

  • Et si vous commentiez mon nouveau billet, au lieu de vous mirer le nombril pour la millionième fois, messieurs ?

  • Mais c'est qu'il est prolifique le type ! Bientôt il ne va plus décoller du top du hit-parade et va devenir accro.
    J'ai découvert incidemment que presque tout était dit dans un billet, dans un livre, dans un morceau de musique. Même Zappa, dont l'éventail du répertoire était bluffant, n'a fait que répéter la même chanson, Houellebecq écrit le même livre, et Géo le même billet. Une fois qu'on connait le bonhomme on a fait le tour de la question. Tout le reste c'est du remplissage pour la distraction des fans.

  • Je pense quelque fois, en lisant ces billets, aux vervets ou autres de nos cousins, en train de s'épouiller, comme on dit. J'imagine qu'une bonne partie des échanges ci-dessus sont de l'ordre de cet épouillage (ne dit-on pas "chercher des poux" à propos de certaines argumentations).
    Ne sommes-nous pas semblables à une troupe de singes qui, tout en nous affrontant, violemment parfois, avec amabilité d'autres, avons besoin les uns des autres pour ne pas aggraver la solitude (plus ou moins intellectuelle) à laquelle nous condamne notre parcours de condamnés à mort?

  • " A trop s'approcher du gouffre d'Aquoibon, l'on risque de disparaître dans son labyrinthe. "

    Chroniques de l'Ere Mythique.

  • Pour ma part, j'essaie d'exprimer en quoi je suis contre la doxa actuelle, qui ne me convient pas et dont je vois trop bien les défauts. Alors bien sûr que c'est toujours le même livre. Mais sur des chapitres différents. J'arrêterai quand j'aurais épuisé les chapitres...
    Et bien sûr que cela participe de l'épouillage de nos proches cousins. Mais l'épouillage au sens premier est une tâche fort utile pour ceux qui n'aiment pas héberger trop de poux ou de puces...

  • Ce n'est pas un peu vain de lutter contre les modes intellectuelles puisque l'une chasse l'autre à une vitesse toujours accélérée et qu'il suffit de regarder passer l'histoire pour compter leurs dépouilles ?

  • " Ce n'est pas un peu vain" Vanitas vanitatum et omnia vanitas. Une fois qu'on a dit ça, reste plus qu'à attendre la Grande Faucheuse...
    Mais faut bien se distraire un peu en attendant, non ?

  • Oui, c'est une façon de voir les choses. Se distraire comme on peut. Mais au fond, si nous participons à ces échanges, c'est certainement parce que nous n'avons pas renoncé à l'espoir. Tout au plus, et malgré l'immense érudition de certains intervenants, avons-nous pu relativiser notre capacité à comprendre par le savoir ce qui apparaît encore, et probablement pour toujours, comme un mystère. Alors que reste-t-il ?
    Peut-être l'utopie d'une fraternité.

  • En effet, imaginez que vous avez soudainement la capacité de connaître, voir et sentir au même moment l'intégralité de tout ce qui existe sur cette planète : tous les gens, les animaux, les végétaux, les minéraux, les bactéries, les virus, les amibes, les atomes, les phénomènes météorologiques et astrophysiques, tout. Là, je pense que votre système logique va se planter grave. Il n'est pas conçu pour ça; comme celui du x milliards d'êtres humains qui s'accrochent peureusement à cette boule instable lâchée à une vitesse folle à travers un univers hostile. Voilà le tableau.

  • J'aime ces images rabbit. Particulièrement celle de la boule larguée. J'observe cependant que notre logiciel a un avantage que la machine n'est pas prête d'acquérir, la capacité de ne pas proposer plus d'informations que ce qu'il est possible de digérer.
    Et puis, grâce au génie créatif, nous avons déjà la possibilité de compenser notre incapacité momentanée à accéder à cette somme immense et les machines quantiques nous promettent un avenir passionnant.
    Pourtant, il semble que nous ayons déjà en nous toutes ces informations de manière un peu dormante et donc inutilisables grâce au cerveau global dont nous parle Howard Blum dans son Principe de Lucifer.
    Des chercheurs, souvent bannis de la communauté scientifique ont aussi fait des découvertes bluffantes comme le Dr Benveniste avec la mémoire de l'eau dont notre corps est composé à au moins 50%. Travaux aujourd'hui repris par le prix nobel Montagnier, cloué au pilori par les covidés. Ou les travaux de Masaroto sur les cristaux d'eau.
    Dans le même ordre d'idée, on peut se poser la question des conséquences de l'intrication quantique lorsque l'on considère que notre corps est bien la somme de ces nano-particules soumises à ces lois alors que l'ensemble parait y échapper.
    Je suis aussi très enthousiaste avec les récentes décisions de rétrograder certaines substances interdites sous Reagan pour des raisons qui étaient peut-être valides à son époque mais qui aujourd'hui ne font plus sens au vu des découvertes spectaculaires qui permettent de vérifier que nous n'utilisons qu'une petite partie du potentiel de notre cerveau. Le LSD, la psilocybine et d'autres hallucinogènes s'avèrent des produits extrêmement efficaces pour guérir des dépendances et de la dépression. Mais surtout, et ça on le savait déjà mais on ne pouvait le lire sur des scanners, ils activent à fond les neurones, synapses et dendrites et permettent d'en déduire que ce qui était considéré un temps comme du délire n'est en fait que l'accès à un savoir bien plus vaste.

  • En ce qui me concerne, je pense que l'épouillage et tout le reste sont essentiels et à ne pas mépriser.
    Ce n'est que vu de très loin, ce que le grand âge, la géologie, la philosophie ou la littérature (voir le Micromégas de Voltaire) qui peuvent donner l'impression que tout cela n'a guère d'importance.
    Vu de près, c'est-à-dire du regard de nos vies, surtout des vies jeunes, les chants, la danse, la musique et surtout les amours sont tout ce importe. Mêmes les chagrins et les peines ne sont que de passage.

  • "Peut-être l'utopie d'une fraternité." C'est précisément ce qui est rendu impossible par la croissance démographique démentielle de l'humanité. Plus on est de fous, moins on va rigoler...

  • Oui, force est d'observer que la croissance démographique est démentielle puisque l'humanité aura pour ainsi dire décuplé en 300 petites années.
    Il est aussi possible d'observer que cette évolution a été permise justement par une forme de sagesse qui a permis aux peuples non seulement de vivre en paix relative, mais aussi beaucoup plus longtemps. A part évidemment les deux guerres mondiales qui, malgré l'holocauste, on fait relativement peu de victimes en comparaison avec les tueries sanglantes des époques précédentes. Et il y a fort à parier que les prochains conflits seront moins violents et que les guerres seront économiques.
    Maintenant, si vraiment nous avons l'opportunité de favoriser une des plus belles devises, liberté, égalité, fraternité, alors la planète devrait pouvoir abriter encore bien plus de monde.
    Lors d'un séjour en Sibérie, j'ai souvenir avoir roulé durant une journée entière entre Novosibirsk et les monts Altaï, en ligne droite avec de part et d'autres des champs immenses abandonnés. La technologie devrait nous permettre de mieux nous répartir sur le globe et inverser la tendance à la centralisation dans les mégalopoles.
    D'ailleurs, cette tendance a déjà commencé puisqu'il n'y a plus d'opportunité de travail dans les centres urbains depuis que la machine remplace avantageusement l'homme. Cultiver son jardin permet de survivre.
    Le problème peut donc être inversé. Ce n'est pas la soi-disant surpopulation qui, comme nous le vérifions avec les rats, nous incite à nous entre-dévorer, mais le déséquilibre entre ceux qui ont et à qui il sera encore plus donné et ceux qui peinent à survivre.
    Malheureusement, par manque de sagesse, les puissants ne sont jamais rassasiés et leur programme inavouable vise à réduire considérablement la population mondiale pour pouvoir se partager le gâteau entre amis. La main d'oeuvre n'est dorénavant non seulement plus nécessaire, mais encombrante.
    Une des clés réside dans l'éducation et l'enseignement qui devront forcément s'ajuster au monde à venir et faire la part belle à tout ce qui permet de mieux comprendre l'aventure humaine. Histoire, géographie, dessin, philosophie, religions, éducation civique et toutes ces branches considérées aujourd'hui comme secondaires pourraient revenir sur le devant de la scène puisque les maths sont la discipline de prédilection de la machine qui fonctionne sur le mode binaire et ne demande aucune créativité.
    Quoi qu'il en soit, je reste incorrigiblement optimiste avec une confiance presque absolue, si ce terme veut dire quelque chose. Car je suis prêt à disparaître et même assister à l'extinction de notre espèce qui n'est qu'un maillon dans une chaîne infinie de la vie.

  • "je reste incorrigiblement optimiste avec une confiance presque absolue" Vous avez bien de la chance. Il ne vous a probablement pas échappé qu'un des pays les plus avancés de la planète a vu ses numéros d'appel d'urgence en panne pendant pas mal de temps. Il me semble que ce sont des signes qui ne trompent pas. Plus nous serons dépendants de la technologie, plus les risques seront grands...

  • « Une utopie de fraternité » ...E la Nave Va...

    C’te bonne paire, sacré PiJy, il n’y a que lui pour de telles saillies…
    Dommage qu’il soit si feignant pour avoir abandonné ses blogs, c’étaient de vrais espaces de liberté, parfois assez débridée, faut admettre, m’enfin il ne pouvait pas contrer sa nature profonde le cher homme…

    « Frères d’armes » en quelque sorte ? Forcément, pour ce qui est des sœurs, elles se font assez discrètes pour l’instant dans les comments, ou alors ai mal regardé… S’il faut référencer cinoche, ne serait-ce pas plutôt « Les douze salopards » ? Pour la distribution des rôles et le script, Lapin, le plus logarithmeux des léporidés, fera l'affaire…Bonjour le galimatias des dialogues, c'est un risque, Géo devra surveiller.

  • En effet, on est entré en plein dans le galimatias. Et vous, Gislebert, qui vous plaignez que PJ est devenu feignant...
    Mais que puis-je surveiller ? L'unité de matière, ce sera pour une vie ultérieure...

  • "Mais c'est qu'il est prolifique le type ! Bientôt il ne va plus décoller du top du hit-parade et va devenir accro."
    Pierre Jenni@ Je vous signale que vous avez écrit ça un peu plus haut. Vos interventions sont telles qu'on ne peut y répondre. Je vais néanmoins insister sur un point : la surpopulation. Je ne supporte plus l'optimisme béat de ceux qui nous disent que la Terre peut facilement nourrir 10-12 milliards d'habitants. Peut-être que c'est possible, ce n'est pas prouvé, mais à quel prix ? Et Gislebert l'a mentionné dans un de ses commentaires : il y a le problème de l'eau. Potable, si possible. On commence à s'apercevoir en Suisse même, le pays où décidément cela ne devrait jamais être un problème, que cela peut aussi donner des difficultés. Alors les mégalopoles du Sud, je n'ose imaginer leur futur...

  • A la lecture des commentaire antécédents, je vois bien que j'ai tort de rêver ou d'imaginer un radeau de la Méduse dont les hommes (ce qui comprend les femmes, selon l'usage ancien), au lieu de se dévorer partageraient le peu de chaleur corporelle et d'affection (ou camaraderie) qui leur reste.

  • Bizarre, j'éprouve presque le sentiment inverse.
    Je retrouve ici, sur ce blog, ceux avec qui je me sens des affinités. Et seule une telle proximité permet la franchise du propos. On peut se payer le luxe d'être à la fois brutal, sensible, provocateur, curieux, sans réserve.
    On observe ainsi des familles recomposées autour des blogueurs, rassembleurs qui offrent une arène pour se câliner en s'agressant.
    Je suis aussi étonné d'observer que ces familles ne se mélangent que rarement. On dirait des clubs.

  • A admirer encore et toujours le tableau de Géricault, je ne suis pas sûr que l’exemple du radeau de la Méduse pour célébrer la bonne camaraderie et la fraternité humaine soit très heureux, Mère-Grand.

    D'abord aucune femme, aucune survivante. Quinze rescapés en tout, sur près de 150, tous ces gens en partance pour le Sénégal afin de refaire leur vie, pour la plus grande gloire du Royaume de Louis XVIII (1816).

    Après une errance au large des côtes de Mauritanie sous le soleil de juillet… Les cadavres jonchent sur ce qu’il reste du radeau, un tronc humain et une hache sanglante trahissent l’anthropophagie, application à la lettre d’un des commandements de base des Ecritures sur l’alimentation: « Bouffons-nous les uns les autres ».

    Seule lueur un brick à l’horizon porteur d’espoir, la vigie qui l’aperçoit est un Noir…

    Faut souhaiter que le blog de Géo ne finisse pas ainsi ou que notre naufrage individuel soit moins pénible… Si tel devait être notre destin, j’avertis les fins gourmets que je suis très pollué, une vraie mine de métaux lourds…

  • Gislebert@ C'est le commentaire que je n'ai pas voulu écrire. En effet, pour moi le Radeau de la Méduse, cela évoque le cannibalisme en premier lieu.
    Le sort tomba sur le plus jeune, (bis)
    Le mousse qui, qui, qui s'mit à pleurer (bis)
    Ohé ! Ohé !
    On cherche alors à quelle sauce, (bis)
    Le pauvre enfant, -fant, -fant sera mangé, (bis)
    Ohé ! Ohé !
    Sauf que je ne suis pas sûr qu'ils ont tiré à la courte paille, sur le radeau...

  • Ok, je me calme et je vous laisse digérer. Mais je persiste à penser que je suis en plein sujet que j'aborde peut-être différemment en tenant compte d'autres paramètres.
    Je conçois que ça fasse un peu beaucoup mais je doute qu'on puisse s'arrêter à mi-chemin si l'on espère comprendre les mécanismes qui sont à l'oeuvre.

  • "...je vous laisse digérer."

    L'enchaînement avec ce qui précède à propos de la Méduse.... C'est encore plus beau quand c'est involontaire... Et dire qu'il prétend n'avoir aucun humour...

  • Heureusement qu'on est dans un club exclusivement masculin... Ce n'est pas vraiment l'humour prisé par ces dames.

  • " je ne suis pas sûr que l’exemple du radeau de la Méduse pour célébrer la bonne camaraderie et la fraternité humaine soit très heureux, Mère-Grand."
    Ce n'est pas un exemple de ce qui est, ou a été, ce ce que j'aimerais pouvoir rêver. Un désespoir qui ne se termine pas en cannibalisme, mais en fraternité (puisqu'en effet il n'y pas de femmes, ce dont je n'étais plus sûr) devant le risque d'une mort presque inéluctable.
    Je vois le tableau comme une représentation symbolique de la manière dont l'humanité se conduit face à son destin, hélas.

  • En ce qui concerne le destin de l'humanité, dès l'instant où on lève le nez du guidon et tente une vision à plus long terme, on ne peut qu'être saisi d'un vertige sans pareil en prenant connaissance de l'état de la cosmologie contemporaine.

    https://www.youtube.com/watch?v=uD4izuDMUQA

    Soit la vie sous sa forme humaine représente l'ultime tentative, la plus réussie, pour essayer de contrer l'entropie qui conduit l'univers à une infinie éternité de silence, la matière s'étant défaite jusqu'à sa plus infime interaction. Et là le boulot ne fait que commencer.

    Soit l'humanité n'est qu'un lichen à la surface d'une boule de lave que seule une mince croûte d'une certaine fragilité sépare de nos chers egos emplis d'espérance et de fantaisie, un bref panache.

    Alors surpopulation, oui, c'est indéniable. Sororité ainsi que fraternité, pourquoi pas, cela réjouit nos âmes généreuses. Pour le reste, heureusement qu'il y a la musique comme disait Fred, et la gastronomie, comme nous l'offrait au temps béni de Crissier l'autre Fred.

    https://www.youtube.com/watch?v=JQjDb--0GPk&list=PLiUmsAYq78pkcY4zAnY17xr6x3svZOM3b&index=97

  • Très belle région que celle banc d'Arguin (mauritanien) où a eu lieu le naufrage et que l'on survole en sirotant un whisky avant se préparer à atterrir à Dakar.

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