Urgence climatique

Aujourd’hui, journée de l’urgence climatique, selon la RTS… Il paraît que les sirènes ont sonné à 11h59, pas chez moi. Probablement à Lausanne, on a la Muni que l’on peut…

Il s’agit au nom de l’urgence climatique de se mobiliser pour la lutte des femmes, de je ne sais trop quoi et pour l’accueil des réfugiés. Ce n’est pas la cohérence qui va étouffer nos chers agités du militantisme rose-vert. Passons sur le climat, le Covid et ces pauvres femmes victimes.

Mais parlons un peu de ces réfugiés… Ils sont pour la plus grande majorité issus de l’Afrique, et contrairement à ce que dit la doxa populaire, ce ne sont pas des pauvres. Ce sont plutôt les plus riches parmi les pauvres. Les riches, eux, prennent tout simplement l’avion pour se rendre en Europe (accessoirement, cela leur revient meilleur marché…).

Je me trouvais sur une plage de Nouakchott en 2007, un samedi, quand on a signalé l’échouage de six ou sept cadavres de volontaires pour l’Europe. En discutant avec de jeunes Mauritaniens négro-africains autour de moi, j’ai bien compris qu’ils n’avaient que peu de sympathies ou de compréhension pour ces jeunes morts. Ils m’ont tous assurés qu’ils n’avaient aucune envie de suivre leur voie…

Depuis les indépendances, dans les années 60, il s’est instauré un trafic de main d’œuvre vers la France. Ouvrier non qualifié chez Renault à Boulogne-Billancourt, hébergement à la Sonacotra, salaires envoyés chez le patriarche pour construire au pays. C’était une spécialité chez les Soninkés de Mauritanie. J’ai vu une sorte de gigantesque caravansérail, 52 cellules, plus de 350 personnes y habitant. Construit avec l’argent envoyé par 12 fils sur 13, le 13ème surveillant les épouses.

Mais les crises se succédant, plus de 20 millions de chômeurs en Europe, ce système s’est épuisé de lui-même, en tout cas du point de vue européen. Malheureusement pas du côté africain. On continue d’économiser de nombreuses années pour envoyer le meilleur de ses fils en Europe, charge à lui d’envoyer une rente chez ses parents. C’est un investissement, tout simplement. Et un très gros, si l’on pense que le voyage coûte entre 5000 et 10'000 euros. Avec un rapport de un à cent dans les gains entre l’Europe et l’Afrique, cela signifie pour vous ici économiser entre 500'000 et un million d’euros. Au lieu d’être investi dans le développement régional, cet argent part dans les poches d’une sale mafia de gens ignobles, sans le moindre scrupule.

De retour de la plage de Nouakchott, j’avais demandé au jeune et brillant ingénieur dirigeant un des trois bureaux du projet auquel je participais pourquoi il ne proposait pas ses services aux Européens pour mener campagne contre cette émigration si dangereuse. Sa réponse fut très claire : beaucoup trop dangereux, beaucoup d’intérêts en jeu. Les passeurs doivent aussi passer à la caisse de certains…

Tout cela pour vous retrouver, avec peut-être un diplôme d’ingénieur en poche (payé par des fonds européens…) comme esclave dans une serre en Andalousie. C’est un gâchis absolu.

Aucune aide à ce trafic ne devrait être faite. Les passeurs amènent les migrants en mer dans des pneumatiques, quelques milles au large des côtes et appellent les soi-disant bonnes âmes des ONG pour faire le travail : l’immigration de gens sans papiers ni visa en Europe au nom de l’humanitarisme le plus dévoyé que l’on ait connu. C’est tout simplement consternant. On nous dit que la situation de ces migrants est horrible en Libye. C’est sûrement vrai, mais depuis le temps que cela dure, cela devrait se savoir, non ? Ils ont tous des téléphones portables…

Et le lien avec l’urgence climatique, dans tout ça ? C’est totalement hors sujet et contradictoire. Sachez simplement que le Sahara a été autrefois verdoyant, et tout le monde vous dira que s’il fait plus chaud, il y aura plus d’évaporation et donc plus de pluie. 70% de la planète est recouvert par les eaux…

De plus, quand on vous donne des images de cette région, on ne vous montre que la saison sèche. Durant l’hivernage, c’est très vert.

Commentaires

  • Cela s’appelait en fait « grève pour l’avenir »… Selon le compte-rendu d’aujourd’hui dans 24 heures, la Grève du climat a appelé à la grève générale et à la fin du système capitaliste. En d’autres termes, les pastèques enlèvent le masque. L’écologie ne leur est qu’un prétexte pour lutter contre le capitalisme. Le mouvement a commencé dès les années 70 dans le canton de Vaud, avec « Alternatives vertes », où s’est précipitée la dissidente du POP Anne-Catherine Ménétrey.
    Selon la Grève pour l’avenir : « Terribles feux de forêt, camps de réfugiés surpeuplés, conditions de travail indécentes, destruction des écosystèmes… Ces crises sont réelles et leur urgence exige une action immédiate et radicale. Leurs causes sont connues, l’exploitation de la nature et de l’humain provoquée par une croissance économique aveugle, le patriarcat et l’impérialisme »
    Non, les gens non genrés de la Grève pour l’avenir, c’est la croissance démographique qui est aveugle et nous mène à la catastrophe. L’écologie politique, c’est la défense de l’environnement contre la démesure humaine, non la lutte contre le Capital. A moins de revenir au Paléolithique, ce qui va être politiquement assez difficile à réaliser…

  • « Les urgences avec l’âge ne sont plus climatiques, tu verras… » Ce qu’aurait pu me dire mon Tonton quand il évoquait sa prostate. Le souci de la planète, à son époque, n’était pas encore dans l’air ambiant… Bon, perso, comme se rassurait le gus qui tombait de la tour de vingt étages en passant devant le cinquième : « Pour le moment ça va, merci... »

    Etant plus au fait du climax (sens anglais) que du climat, me garderai bien de toute remarque à la suite de votre billet. Je constate avec plaisir par contre que dans la rubrique « Les blogs les plus commentés », le vôtre figure en deuxième position, même notre ami Lapin s’en esbaubit… Encore un effort, Géo ! Quoique…la situation du leader est-elle enviable ?

    Le moment en tous cas de demander au boss des blogs une place plus visible parmi les invités, encore que je vous verrai mieux parmi les citoyens Sans culottes (façon An II, qu’allez-vous croire…)

  • "Le moment en tous cas de demander au boss des blogs une place plus visible parmi les invités" C'est déjà fait, même que j'ai utilisé un extrait de vos mails privés pour l'appuyer. Mais je n'ai reçu aucune réaction, comme vous pouvez facilement l'imaginer...
    Vous vous méprenez un peu sur le sens de mon billet. Je ne suis pas en train de parler du climat et de ses changements, je vous parle de l'utilisation politique qui en est faite, en particulier anti-capitalisme. A ma connaissance et à la vôtre, le seul système anti-capitaliste qui existe a déjà été testé en URSS, en Chine et en d'autres charmants endroits, le Cambodge, par exemple.
    Je me demande si John Longeole pense que la CIA est derrière le mouvement "Grève du climat" mais pour ma part, je suis persuadé qu'il y a derrière une organisation communiste, trotskyste ou pas, qui dirige par derrière. Les communistes fonctionnent de cette manière, et j'en sais qqch...
    "Grève du climat" est un mouvement de masse. Qui sont ceux qui ont le projet global anti-capitaliste derrière ? Ne comptez pas sur les journalistes actuels pour mener l'enquête...

  • Mais en Chine, ils ont compris que le marxisme étant une théorie hors-sol, il fallait revenir aux méthodes naturelles pour sortir la population de la misère. Et ça marche plutôt bien. Il ne reste plus qu'à changer le nom du parti au pouvoir, ce qui peut encore prendre une dizaine d'années.

  • On peut résumer le problème à un simple phénomène Géo-thymique, puisque l'on peut vivre dans cette région (comme moi une trentaine d'années plus tôt) avec la seule préoccupation de rendre le séjour agréable et d'en tirer le meilleur profit pour l'avenir. Donc, dans cette histoire comme une autre, le seul ennemi de Géo, c'est lui. Il devrait passer à la méditation pour l'aider à positiver.

  • Passer à la méditation ? Mais je ne fais que ça ! Et le résultat de cette méditation, c'est ce billet. Réfléchir et méditer n'empêche personne de bien vivre, rabbit.

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