Surnaturel suite : l'avis de Gislebert

Il faut reconnaître à Géo le chic pour soulever dans un billet de cinquante lignes une dizaine de thèmes qui mériteraient chacun le traitement d’un dossier ou de quelques billets pour le moins. Et il faudrait commenter de façon lapidaire si possible… Paranormal, surnaturel, guérisseurs, jeunesse formatée, abrutissement médiatique…n’en jetez plus, la cour est pleine. On va se limiter aux guérisseurs avec le documentaire de « Temps présent ».

Cela marche ou pas ? Question du patient lambda, «  car c’est de l’homme qu’il s’agit » (Saint-John Perse)…. Oui et non, comme Lourdes aussi très courue comme destination. Un ami qui a servi jeune étudiant lors de pèlerinages comme brancardier-infirmier pour les cas lourds, m’a toujours affirmé que la plupart des malades, paralysés et autres cabossés de la vie, n’en revenaient évidemment pas guéris, mais requinqués pour un temps, supportant mieux leurs souffrances. C’était pour lui déjà un petit miracle. Il faudrait un autre commentaire pour parler des vraies guérisons homologuées, rares, mais cela nous entraînerait dans les méandres de la neurobiologie…

Ces messieurs-dames qui guérissent, ils en ont de la chance, témoignent d’agendas bien remplis, tant mieux pour eux, ils ont leur Who’s who en Suisse romande et sont même recommandés par certains praticiens en ambulatoire et dans les hôpitaux universitaires, là où l’on enseigne la médecine académique. Paradoxalement à une époque où les possibilités de diagnostic et de traitement n’ont jamais été aussi grandes. Paradoxe apparent, car il y a comme un hiatus avec une pratique dont les résultats sont souvent jugés –subjectivement admettons - insatisfaisants, parfois calamiteux par les malades et leur famille.

Ces derniers déplorent un praticien trop planté devant son écran d'ordinateur pour les écouter ou leur parler, en quelque sorte  «Vous avez eu droit au scanner, à l'IRM, au bilan sanguin etc., que vous faut-il de plus?» «Que vous m'écoutiez», devrait répondre le questionné. La qualité relationnelle, une partie du problème….

 

Tout praticien pas trop imbu de sa petite personne et qui a été nourri au  lait de l’allopathe Faculté connaît ses limites et sait bien que son art n’est guère efficace sur les maladies chroniques. L’humilité et l’ouverture d’esprit devraient être la règle. Elle me convient bien, la posture de ce radiologue français, sceptique mais curieux, envoyant ses patients en traitement  pour des cancers chez des guérisseurs qu’il connaît. Extrait d’un article de Vincent Delfau* :

 

« Dans le service de radiothérapie qu’il dirige, au centre Georges-François Leclerc, à Dijon, le Dr Gilles Truc ne compte plus les patients qui entendent s’en remettre aux barreurs de feu. Les demandes sont quotidiennes, constate-t-il. Les malades craignent généralement que les incantations nuisent à l’efficacité du traitement conventionnel. Je les rassure en précisant que je n’ai aucune opposition. Nous avons même 4 ou 5 noms à leur proposer (des gens qui ne demandent pas d’argent), mais il n’y a rien d’institutionnalisé. Je n’ai jamais constaté moins de rougeurs chez les patients qui en consultent, mais ceux qui le font affirment qu’ils vivent mieux leur traitement et supportent mieux la douleur.»  

 

Magnétisme, fluide, énergie, les concepts dont se réclament les guérisseurs ne sont ni observables ni quantifiables. Ils existent uniquement parce que les guérisseurs l’affirment. Pendant des années, le laboratoire zététique (c à d qui cherche à expliquer rationnellement des phénomènes mystérieux, merci Robert) de l’université de Nice a proposé une somme de 200 000 € à toute personne capable de démontrer une capacité qui ne pourrait pas être expliquée par la science ou la prestidigitation. «260 personnes se sont présentées. Toutes pensaient sincèrement détenir une faculté extraordinaire, pourtant aucune n’a jamais remporté le prix.» Dixit Jérôme Bellayer, un défricheur du paranormal. Les prétendues facultés ne résistent pas à l’obstacle d’un examen méthodologiquement solide. En l’absence de preuve de l’efficacité, on peut alors s’interroger sur les raisons qui incitent tant de malades à envisager le recours à un guérisseur. Tout simplement parce que dans leurs cas la médecine officielle ne marche pas et est incapable d’apporter une solution à leurs problèmes.

 

Reste à expliquer les ressorts de ces pratiques. Beaucoup s'en tiennent à l'effet placebo. Les guérisseurs auraient une forte capacité à déclencher chez le malade des mécanismes d'autoguérison. Un peu courte quand même, l'explication ne tient pas vraiment la route, y compris pour les plus cartésiens. «Des scientifiques se sont intéressés à cette question, explique Audrey Mouge** et font valoir que si tous les êtres vivants émettent des ondes électromagnétiques, les mains des guérisseurs et des maîtres de méditation émettent des champs magnétiques de basse fréquence mille fois plus puissants. Ces champs électromagnétiques de basse fréquence sont réputés soulager les douleurs. Certains kinésithérapeutes les utilisent à l'aide d'un appareil pour apaiser les tensions.»

L’explication vaut ce qu’elle vaut, elle a au moins le mérite d’exister. D'autres hypothèses font appel à la physique quantique et aux biophotons, ou particules de la lumière, qui seraient présents dans notre Adn, mais sans pour autant résoudre l'énigme de cet étrange pouvoir de guérison et de son mécanisme d’action. Là, on tombe dans le domaine de la science-fiction, du mystère magique, la médecine dite quantique mériterait un billet à elle toute seule. On pourrait ainsi par le phénomène d’intrication peut-être expliquer une prochaine fois les arcanes de l’intuition de Lapin. Notre crâne serait une espèce de récepteur, écrivez-vous ? Ses oreilles feraient alors office d’antennes, tout s’explique.

*http://leparticulier.lefigaro.fr/jcms/p1_1703320/les-guerisseurs-soignants-ou-charlatans

**Audrey Mouge, « Le mystère des guérisseurs », 2018, Essai Poche

Commentaires

  • "ll faut reconnaître à Géo le chic pour soulever dans un billet de cinquante lignes une dizaine de thèmes qui mériteraient chacun le traitement d’un dossier ou de quelques billets pour le moins."
    Je vois que j'ai eu raison de ne pas ajouter les relations de Jung avec Pauli dans mon billet. Cela dit, merci pour ce bel effort...

  • Pour en savoir plus:
    https://www.arthurimiller.com/books/deciphering-the-cosmic-number/

  • Brano@ Ce que l'on attend d'un commentateur, c'est qu'il fasse un petit effort. On aurait apprécié que vous nous expliquiez de quoi il retourne dans le lien que vous nous proposez... Si vous ne le faites pas, quelle raison d'y aller voir ?

  • @ Geo: Tout le monde n'a pas le temps de passer toutes ses journées à commenter les blogs comme vous le faites. Alors au lieu de vous en prendre à moi, vous pourriez vous donner la peine de cliquer sur le lien et de voir qu'il s'agit d'un livre consacré justement à la relation de Jung avec Pauli et me remercier!

  • Brano@ Je n'ai aucun besoin de vous quant aux relations entre Jung et Pauli, donc aucune raison de vous remercier de quoi que ce soit. Et je continue de penser que décrire en quelques mots le contenu du lien qu'on met en ligne fait partie du service minimum.

  • Et la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC)? J'ai profité de mes récents séjours sur le bords du Yangtse, pour faire de nombreux examens de santé au moyen d'engins techniques les plus récents. En parallèle, et dans le même hôpital, je suis passé chez les spécialistes de la MTC pour compléter le bilan. Les deux approches médicales ont parfaitement répondu à ce que j'en attendais, étant prévenu de ce que chacune pouvait m'apporter.

  • Lapin, mon ami, je ne me permettrais pas de parler de la médecine traditionnelle chinoise dans un (long) commentaire sur les guérisseurs. J’ai côtoyé des praticiens asiatiques, des vietnamiens mais leur médecine traditionnelle doit être assez similaire, qui pratiquaient avec le plus grand bonheur notre médecine et leur médecine traditionnelle pour eux, leurs proches et leurs patients. Souvent excellents en obstétrique par exemple. Mais il y avait des actes thérapeutiques, cela ne se passait pas par téléphone ou par l’intercession d’anges et de prières.
    Ne croyez pas cependant que je sois un contempteur de ces gens, dont la plupart n’acceptent aucune rémunération. Il me semble que nous avons en nous tous les outils, toutes les ressources pour combattre nos maux et que ces personnes ont le pouvoir de les réveiller, de les débusquer. Magnétisme, charisme ? appelez cela comme vous voulez. Pour être honnête, il faudrait aussi parler de leurs échecs et des faisans qui hantent la confrérie…

    Pour votre check- up, vous avez confronté les deux méthodes, judicieux, un Rabbit ainsi prévenu en vaut deux. Si votre épouse a suivi le même chemin, cela fait quatre Rabbit en peine forme, quatre paires d’oreilles, un véritable auditorium…

  • On pourra déblatérer sur le sujet indéfiniment, il n'est que le reflet de l'état actuel de nos connaissances qui est encore bien limité.
    Il est toutefois sain de rester circonspect, prudent et douter. Douter c'est le début de la sagesse. On commence à douter lorsque l'on mesure à quel point nous savons peu de choses sur à peu près tout. Et plus on en découvre plus le champ s'élargit.
    A titre personnel, j'ai opté pour la sagesse du corps et j'ai dressé mon cerveau pour mieux lui obéir. Mais il y a une condition pour que cela fonctionne : Il faut être clean.
    J'ai donc opté pour une discipline relativement rigoureuse que j'ai déjà eu l'occasion de proposer dans un de mes billets à l'époque et qui consiste, en gros, à une heure de sport chaque jour, une sauna intensive dans la semaine et un jour d'abstinence. Ce nettoyage permet de fonctionner de manière plus intuitive en écoutant ses envies qui correspondent le plus souvent à des besoins. Je ne suis donc pour ainsi dire jamais malade à part l'épisode covid qui m'a terrassé deux jours et que j'ai traîné trois semaines sans séquelle apparent.

  • En effet, il s'agissait moins d'une confrontation au sens judiciaire du terme que d'apporter un complément "soft" à un traitement classique. Acupuncture pour calmer des douleurs articulaires et fourmis écrasées pour prolonger les effets d'un médicament jusqu'aux plus infimes vaisseaux. Pour le reste, ces gens ont des diplômes d'état et officient dans des hôpitaux publics. Nous ne sommes pas arrivés là par hasard et le piston a été indispensable.

  • Ah, les fourmis écrasées… Rien de tel que l’acide formique pour nettoyer vos ruches et les préserver du varroa ou pour stocker l’hydrogène sous une forme plus pratique que les bonbonnes de gaz… Vasoconstricteur tout d’abord, cela explique l’usage à très faibles doses en médecine traditionnelle, car c’est un fichu caustique…
    Les fourmiliers tamanoirs à la langue bien pendue en font des réserves, ils l’utilisent pour stimuler les ardeurs de leurs partenaires de jeux, toujours assez indolentes… Mais eux savent à quelle dose l’employer.

  • Mais il y avait un bémol dans cette pastorale, vite détecté par Mme Rabbit (à qui on ne l'a fait plus) : la quantité énorme de médicaments prescrits.
    Si les tarifs des consultations de l'hôpital public peuvent paraître dérisoires, le médecin va se refaire une santé économique grâce à un pourcentage sur les médicaments.
    Donc, accompagnés d'une délégation de sympathisants (tous des gens qui se sont connus dans leur exil campagnard pendant la Révolution Culturelle), nous sommes allés consulter un ponte de la MTC dans un autre établissement entièrement voué à cette spécialité. Où j'ai appris, sans débourser un Yuan, que la meilleure chose à faire dans mon cas c'est de la physiothérapie.
    Voilà, ça se passe comme ça en Chine.

  • On m'apprend depuis Amsterdam que je suis grand-père d'une petite-fille. Fêtons sans plus attendre...

  • Bravo Lapin, félicitations, même si dans le fond vous n’y êtes que par procuration… J’espère qu’on vous laissera tremper vos lèvres dans une coupe d’un brut de bonne cuvée, malgré vos morbidités …

    La venue d’un petit-enfant, surtout si c’est une fille, toujours un moment magique pour le grand-père, on en devient vite toqué, gaga, déconnant, j’en parle en connaissance de cause, j’en ai une de bientôt 5 ans, tout-à-fait craquante.

  • Y'a ceux qui s'éclatent en famille et les autres.
    Lors de l'anniversaire des 91 ans de ma mère, le clan m'a viré sur un malentendu.
    Ils m'ont ainsi donné des ailes pour suivre Johnatan Livingstone dans un périple solitaire qui me permet d'éviter tout le protocole de la tribu. J'espère juste qu'ils ne vont pas m'enfermer. Quoique... Je me vois bien en gentil animateur dans un asile.

  • Le billet Surnaturel a très rapidement dévié vers le très naturel : notre santé. On se croirait chez MFDM, comme l'écrit ce cher G. Alors je vais donner mon point de vue sur ce sujet. La base de tout, c'est ce que disait ce cher S. Connais-toi toi-même (et tu connaîtras l'univers et les dieux, mais ça c'est moins important...).
    Si vous vous connaissez et c'est difficile de faire autrement, depuis le temps que vous vous fréquentez vous-même, vous connaissez vos défauts et vos qualités.
    Pour ma part, j'ai quelques problèmes et le passage de l'âge où on ne se rend pas trop compte que l'on a un corps avec celui où si l'on ne sent rien le matin, c'est qu'on mort n'a pas été simple. Cela prend quelques années. La première chose que j'ai à dire, c'est un immense merci à la médecine (chirurgie) contemporaine qui m'a rajeuni de 20 ans ou plus en m'offrant des hanches artificielles. C'est simplement miraculeux : j'ai retrouvé mes genoux d'avant. Oui, parce que tout est dans tout. Vous avez des hanches pourries, cela se reporte sur les autres zones fragiles, et donc vos genoux. Vous pouvez extrapoler cet exemple sur absolument tout le reste.Mais il y a un domaine qui ne dépend que de vous, que de chaque personne : votre microbiote est différent de tous les autres, et les médecins ne peuvent pas grand chose pour vous dans ce domaine. Et ce que vous mangez et ce que cela devient influence grandement votre santé. Personnellement, je fais ce que dit Jenni : je marche tous les jours deux heures (on est entre retraités, je sais...) et c'est une addiction, que j'assume.
    Sur l'alimentation et la digestion, j'ai quelque chose à vous communiquer, dont vous ferez ce que vous voulez. Lassé de problèmes de digestion durant la nuit, j'ai décidé de supprimer le repas du soir. Après tout, le soir, on ne mange que pour passer un bon moment, pour se distraire, mais pas par faim. Cela fait maintenant quelques mois que j'applique cette manière de faire et cela a produit un effet que je n'attendais pas mais qui est logique : j'ai perdu 12 kg et suis en pleine forme.
    Vous en faites ce que vous voulez, mais un de mes frères m'a téléphoné l'autre jour pour me remercier de cette idée. Lui a perdu 6 kg et se trouve beaucoup mieux...
    Je referai un commentaire pour revenir sur l'air du temps, à moins que la projection d'acide formique sur les militants d'Extinction Rebellion n'ait résolu le problème...

  • Chaque fois que je vais en Chine, je perds entre 6 et 9 kilos. Pas de fromage, pas de viande rouge ou de cochonaille transformée et presque pas de sucre. En cas de manque grave, je me fais un MacDo, un Starbuck's ou un Pizza Hut.

  • Manger le soir me semble juste une aberration. Kid Ordin connait bien la question.
    Quant au petit-déjeuner que d'aucuns recommandent vivement, trop pour moi. Le matin je n'ai pas faim. En revanche lorsque midi approche, toutes mes papilles se réveillent à la préparation de la fête. Un repas par jour donc et un fruit, ou un snack avec le wiskey en fin d'après-midi et le corps se réjouit. Et surtout pas d'alcool le soir si on veut pouvoir profiter d'une nuit réparatrice.

    Ceci dit, pour rebondir sur la remarque de Géo sur la dérive des propos de surnaturel à naturel, je propose plutôt dans ma logique que le surnaturel n'est que du naturel encore inexpliqué.

  • Bon je ferais peut-être mieux de me taire, mais...
    Vous m'inspirez.
    Pour moi qui mesure 1,78m j'ai pesé toute ma vie 65 kg sans variation. Jusqu'à que je me chope des amibes au Tibet et que je bousille mon système digestif par des traitements invasifs. Entre 55 et 65 ans j'ai cumulé presque 10 kilos de plus et donc de trop.
    Tout est cependant rentré dans l'ordre et j'ai retrouvé ma ligne d'antan sans variation notable.
    Donc, lorsque je lis que certains perdent plusieurs kilos en peu de temps je me dis qu'ils devraient investiguer un peu plus pour comprendre ce que leur corps demande.

  • Combien pesez-vous aujourd'hui Géo?

  • Félicitations, rabbit. Et vous voilà avec des raisons de plus de s'inquiéter non de la planète, mais des habitants de cette planète...

  • Je ne me fais pas de souci pour l'avenir de la petite. Grâce aux conseils du pépé, suivis scrupuleusement par le papa, ils trouveront toujours un endroit sur cette planète où le climat (sur tous les plans) est meilleur qu'ailleurs. En commençant par l'avantage de posséder deux passeports (ce qui n'est pas de votre goût, je le crains).

  • Vous le dites vous-même : " l'avantage de posséder deux passeports". J'ai utilisé pour ma part le terme "privilège". Dans le cas de votre petite-fille ou de mon amie genevoise (devrais-je signer Géo&Co ?), cela ne m'empêche pas vraiment de dormir, rassurez-vous. J'ai été davantage choqué par le cas de cette jeune femme de trente ans qui dirigeait l'entreprise de forage marocaine en charge des forages de mon projet dans le Gorgol et Guidimarkha (jeune femme, marocaine, dirigeant une entreprise de forage, vous voyez le topo ?) qui, apprenant que j'étais suisse, me dit qu'elle l'était aussi. Et d'ailleurs, incidemment canadienne et française. Et bien sûr, marocaine (et vraisemblablement très très proche du roi, sinon la direction de cette entreprise, hein...). C'est là que cela me dérange quelque peu aux entournures...

  • Allons, allons, Géo ! Il n'y a que vous pour faire le délicat sous les tropiques. Un reste de morale protestante façon Max Weber ? Moi, je n'y ai appris qu'une seule chose: s'en sortir le mieux possible.

  • rabbit@ On parlait de multi-nationalité, non de survie dans le Tiers-Monde.

  • C'est bien de survie dont il s'agit (ou pour le moins de préservation de son mode d'existence), puisque le monde où vous vivez ne méritera bientôt plus que celui de quart-monde. Dans ce cas, le tiers-monde sera de loin préférable.

  • Je suis peut-être moins pessimiste que vous. Les Européens, et les Suisses avec eux, commettent beaucoup d'erreurs, c'est vrai. Mais il n'est pas impossible qu'ils remontent du fond du trou s'ils se trouvent des forces politiques trouvant la voie juste entre conservatisme et progressisme. Il faudrait par exemple que l'Allemagne et les pays du nord prennent plus de poids, face à la France instable par nature et donc déstabilisante pour les autres...
    Vous-même, vous vivez en Chine, colosse aux pieds d'argile. Personne ne se trouve à l'abri de grosses secousses mondiales...

  • "La sortie est au fond de l'espace": titre d'un bouquin de SF américaine des années '50. C'est aussi le comportement à adopter pour échapper au panier de crabes: SDF de luxe ou gipsy-setteur. On en revient aux "Clochards célestes" de Jack Kerouac, mais avec une version cinq étoiles.

  • Pierre Jenni@

    Animateur dans un hôpital psy ? Comme pensionnaire alors...

    Claro, moi je vous vois bien reprendre le rôle de Nicholson dans « Vol au-dessus d’un nid de coucous », il en était question ce jour sur le blog de Nicolas Chauvet... Z’ avez le profil idoine de l’emmerdeur vibrionnant. Sans vous souhaiter la « légumisation » de la lobotomie, bien sûr, on n’est pas si méchant, d'ailleurs cela ne se pratique plus...

  • Oui, c'est bien l'idée. Tous comptes faits je n'ai besoin que d'un endroit pour dormir et manger. La prison c'est les autres.

  • C'est beau comme du Jean-Sol Partre...

  • Et vous Gislebert, quel role vous donneriez-vous dans le film ? Celui de la lucarne magique peut-etre, qui hypnotise tous ces braves coucous jusqu`a l`arrivée de l`empecheur de délirer en rond ? Ou alors celui du chat de Cheshire du jardinier, qu`on ne voit jamais a l`écran mais qui n`en perd pas une miette pour autant et est peut-etre meme le véritable directeur de l`asile ?

  • Pendant des centaines de milliers d`années il n`y a eu que des guérisseurs (sorciers, chamans, etc...). Si seule le médecine dite moderne était capable de traiter les bobos, cela aurait eu le temps de se savoir. Aujourd`hui malheureusement il semble que les vrais guérisseurs se raréfient. Peut-etre que le don ne résiste pas au mode de vie "moderne".

  • @JJ

    Me verrais bien dans une réincarnation du Chat du Cheshire, pour tout vous dire. Pouvoir se barrer en laissant son sourire sur place, le rêve. Un chat quantique en quelque sorte, rien à voir avec mon cousin, le matou de Schrödinger, toujours sur le ballant entre la vie et la mort… Pas marrant d’être le maître chez ce velléitaire d’Erwin…

  • Très bonne approche, JJ. En fait, l'empirisme est complétement négligé depuis Claude Bernard.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Bernard
    Oetzi, 5000 ans d'âge, avait des traces de trépanation et d'acupuncture (voilà qui ne va pas plaire à notre camarade capitaliste pro-chinois...). Un bio-ethnologue, après des années d'investigation à Haïti, a réussi à percer le mystère des zombis. C'est d'une subtilité assez invraisemblable, qui dénote une connaissance énorme de la pharmacopée phytologique locale. Et qui vraisemblablement a dû coûter la vie de pas mal de cobayes volontaires ou non...
    Le sorcier inocule le poison à ses victimes en les croisant dans la rue, au marché par exemple, où il y a beaucoup de monde. Il lui jette un peu de sa poudre de perlimpinpin sur le bras. Dans cette poudre, il y a des extraits de plantes urticantes. Donc la victime va se gratter, faisant entrer le poison par la peau qui autrement le tuerait net... Une fois mis en état de catalepsie, il suffit d'aller le déterrer après coup, et l'utiliser comme esclave. Et quand le sorcier meurt et ne donne plus les doses de poison nécessaires, le zombi se réveille petit à petit et réapparaît dans son village des années après son "décès", pour la plus grande joie des femmes et des enfants, qui s'enfuient en courant...

  • Eh oui, Géo. Comme disait quelqu`un: "il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre...". Il y a la médecine et les poisons naturels dont le savoir commence a se perdre un peu partout, mais il y a aussi les "miracles" comme ceux de Lourdes par exemple qui sont parfaitement documentés depuis le siecle dernier. Comment expliquer par exemple le cas de ce médecin anesthésiologiste contemporain (le dr. Charbonnier) que ses parent ont emmené a Lourdes quand il était enfant afin de demander que son épaule guérisse, l`articulation étant impossible a récupérer pour avoir éclaté en petits morceaux dans un accident... apres etre rentrés a la maison, des le lendemain l`épaule était flambant neuve, plus trace de fractures. Et pourtant, la famille n`était meme pas particulierement religieuse...

  • "Peut-etre que le don'ne résiste pas au mode de vie "moderne"."
    Ne nous emballons pas. Dans nos "temps modernes" un médecin peut-être condamné pour faute professionnelle.
    Je pense que les guérisseurs, surtout ceux des époques anciennes (les chamans) partageaient simplement leurs "échecs" avec l'ensemble de la communauté, elle-même d'ailleurs partie-prenante de ses succès.
    Cela dit, il faut reconnaître, qu'à part les interventions et les actions de "guérison" relevant de manipulations magiques (ou de magiciens), comme les opérations des guérisseurs philippins des dernières années du siècle écoulé), il y a plusieurs domaines dans lesquelles la médecine moderne n'a fait que reprendre, parfois en les améliorant, des techniques éprouvées encore utilisées par les guérisseurs ou manipulateurs d'autres contrées.
    C'est notamment le cas pour nombre d'actes accomplis maintenant par les physiothérapeutes, les chiropraticiens et nombres de naturopathes.
    D'autre part, la médecine moderne a très largement puisé dans les remèdes naturels, notamment les plantes, pour en extraire les principes actifs et les manipuler pour en faire des substances utilisables dans la pharmacopée (après avoir permis à l'industrie pharmaceutique de faire leurs bénéfices et à toute une administration de justifier leur existence et leur fonction, tout cela faisant parfois l'objet de critiques plus ou moins fondées).
    Ainsi une plante ingérée par les chimpanzés pour son effet vermifuge se trouvera en bout de chaîne disponible sous forme de pilules blanches emballées dans de jolis cartons sur les rayons de nos pharmacies, après bien des détours, qui nous évitent le voyage dans la brousse, et autres inconvénients coûteux, parfois mortels.
    Une grande partie des soins médicaux dont nous bénéficions actuellement dépend cependant, en dehors de la filtration qu'impose notre "mode de vie moderne", de médicaments et de pratiques issues de la recherche qui, se elle n'était pas totalement inconnue dans le passé (même très lointain) ont presque totalement changé le pourcentage de guérisons et permis la survie d'un pourcentage énorme des malades ou d'accidentés. Ainsi nous préférerions certainement tous nous faire trépaner aujourd'hui dans un hôpital moderne que dans une caverne de la Préhistoire.
    Pour abréger et simplifier, je ne citerai que l'usage des antibiotiques, naturels et utilisés par diverses espèces animales mais inconnus jusqu'à la découverte du Dr Fleming, la découverte de l'effet mortel des bactéries sur la mortalité des femmes en couche, l'élimination de la Poliomyélite par la vaccination, etc.
    En ce qui concerne les maladies mentales, nous ne brûlons plus les femmes au comportement étrange comme sorcières et sommes même capable de soigner certaines dépressions graves ou d'en atténuer au moins les conséquences. C'est un autre problème, que je cite que pour mémoire.

  • Vous parlez d`or, Mere-Grand, mais n`oubliez pas que la médecine moderne est trop souvent guidée par les intérets économiques des grands pharmas. Il y a peu d`années, un professeur en médecine francais a écrit un livre dans lequel il dénoncait a peu pres la moitiés des médicaments disponibles en France comme dénués de valeur thérapeutique et une bonne partie étant meme carrément nocifs a plus ou moins long terme (ainsi les statines).

  • JJ@

    Vous faites certainement référence au bouquin de Claude Even et Bernard Debré, paru en 2012 « Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux ». Ces deux professeurs retraités, l’un pneumologue, l’autre urologue, ce qui ne leur confère pas forcément un grand niveau de compétence en pharmacologie, qui ont créché et profité du système toute leur vie professionnelle, ont trouvé leur chemin de Damas un peu tardivement… Ils se sont vus remonter les bretelles par le Conseil de l’Ordre, dont on peut penser bien sûr qu’il est composé de grands jaloux, au motif je cite :

    « (…) En outre, s'agissant de leur critique des médicaments hypocholestérolémiants et des statines, [la cour disciplinaire de l’Ordre] estime qu’ils ont « gravement manqué à l'obligation de prudence », car le risque existait que des patients interrompent leurs traitements. De plus « par [le] caractère catégorique, voire péremptoire de leurs affirmations, les auteurs ont, au mépris de leurs obligations déontologiques, entendu donner aux ouvrages incriminés un tour spectaculaire non dépourvu de visées commerciales ».

    Le seul mérite du bouquin, faut bien le reconnaître, c’est d’avoir secoué la termitière en dénonçant l’abus de consommation médicamenteuse dans la Doulce France… Fallait-il pour autant traiter les allergologues de gourous et de marchands d’illusions et les cardiologues de putes académiques (en français dans le texte) vendues aux pharmas ? De plus, leur bouquin fourmille de contrevérités et d’inexactitudes, mais bon, avec ce qu’on lit dans la presse et ce qu’on entend sur les plateaux télés à propos des vaccins, on est devenu plus tolérant, « putes académiques » cela paraît presque gentil…

    Eh oui, les médicaments en surdose ou pris sur une longue période ont des effets délétères, nocifs, voire mortels. Boire une bonne limonade de barbituriques mélangés à du KCl et le compte est bon, on connaît chez Exit… Normal, les molécules sont porteuses d’énergie, leur principe actif. Aucun problème avec l’homéopathie, c’est sûr, aucun effet secondaire. Seul hic : pas d’effet primaire non plus… Puisqu’on en est à parler des gros bénéfices de l’industrie pharmaceutique, personne ne s’étend beaucoup sur ceux non négligeables de firmes spécialisées en ce domaine, comme Boiron par exemple.

    Ces bénéfices réalisés, ces affreux industriels qui péjorent la santé du peuple, on est très heureux qu’une partie d’iceux soit réinvestie dans la recherche. Les parents des petits leucémiques que l’on arrive à tirer d’affaire au moyen de polychimios ne vous diront pas le contraire, même si le chemin du traitement sur plusieurs années n’a rien d’une promenade bucolique pour leur mômes et ceux qui les accompagnent (parents, fratrie…).

    Bonjour chez vous.

  • Correction : Philippe Even, et non Claude... Confusion avec Claude Evin , le "philosophe" ? Cet âge est décidément sans pitié...

  • Chemin faisant, on va bientôt atteindre les 40 commentaires. L'âge d'or de ce genre épistolaire n'est pas encore révolu. Nous dépassions allègrement les 100, à l'époque chez Gilbert Salem. Quoi qu'en disent les groupuscules chiliasmistes et les flagellants bioéthiques, dépensons nos octets et jouissons sans entraves.

  • chiliasmistes ? Kèsaco ? j'ai beau me creuser, je ne vois pas...

  • Chiliasmisme : Contraction de Millénarisme et de Chiliasme.
    https://fr.wiktionary.org/wiki/chiliasme

  • C'est juste pour épater Pierre Jenni. Rien d'autre qu'un synonyme de "millénaristes" .

Les commentaires sont fermés.