En remontant le fleuve

  • Extinction Rebellion. Hitlerjugend.

    J’avoue une certaine inclination à l’iconoclastie. Mais surtout, je m’étonne que personne ne fasse le parallèle dans l’attitude de ces jeunesses si fortement politiquement impliquées.

    Quand on est très jeune, on manque par définition d’expérience de la vie. C’est-à-dire des tenants et aboutissants de tout ce qui nous est proposé. Dans ces années terribles et terrifiantes du nazisme, il était extraordinairement difficile d’échapper à la pression sociale. Même le jeune Ratzinger est passé par là, ainsi que :

    https://www.lematin.ch/story/l-ecrivain-allemand-guenter-grass-s-est-eteint-545929541379

    On leur a dit que « les Juifs » étaient LE problème, l’ennemi intérieur à abattre. Cela ne venait certainement pas de nulle part. Je n’ai trouvé des raisons de ces causes que chez Zemmour, dans « Suicide français » quand il évoque Disraeli et chez Yuval Noah Harari, quand il parle d’identité et qu’il nous explique que les Juifs croyants sont persuadés que si eux arrêtent de prier, la Terre va cesser de tourner. Cela dénote effectivement une certaine arrogance, qui ne passe pas toujours bien chez les peuples jugés de facto inférieurs… Chez Zemmour, on comprend qu’en fait les Nazis ne font que retourner l’idéologie des Juifs contre eux. Une chose est historiquement sûre : partout où il y avait des Juifs, il y avait de l’antisémitisme. Cela n’excuse personne, évidemment. Ce n’est pas mon propos, mais on attend impatiemment des études juives sur cette question. Cela me semble pour ma part d’une importance capitale…

    Les jeunes exaltés du réchauffement climatique n’ont pas plus d’excuses que les Hitlerjugend. Ils n’ont aucune profondeur sur ce qu’ils avancent, et font du militantisme pour le militantisme. Rien de ce qu’ils font ne va faire avancer la cause de la décarbonation (vous avez vu le nombre d’ignares qui parlent de « décarbonisation ? Tous les journalistes RTS…) et même au contraire : ils rendent la cause très impopulaire. Ils ne savent rien, s’appuient sur « les scientifiques », négligeant ce simple détail qu’ils sont loin d’être tous d’accord. Ceux qui s’opposent au mainstream sont simplement éjectés du circuit des publications…

    La situation actuelle est la suivante : tous nos sociétés dépendent de l’énergie. Celle issue des carburants fossiles émet du CO2 mais l’opposition principale s’est faite contre le nucléaire. On veut le supprimer mais on n’a pas de solution de rechange. Et donc on va dans une société de pénurie, avec une population en surnombre par rapport à nos capacités générales.

    Je vous souhaite bien du bonheur, jeunes XR. Dans vingt ans, vous penserez avec pas mal d’amertume à vos prises de position actuelles. Quant à la justice vaudoise, on la savait médiocre. On la voit aujourd’hui exécrable.

  • Sommes-nous des fascistes ?

    J’ai raté une occasion de m’indigner de la RTS, que signale un billet sur « les Observateurs » :

    https://lesobservateurs.ch/2022/01/15/propagande-a-la-rts-quand-le-service-public-deraille-le-regard-libre-14-01-2022/

    Ainsi donc, nous autres Suisses, serions des fascistes parce que nous avons voté en faveur de l’interdiction des minarets. Voilà le niveau d’analyse politique auquel nous sommes quotidiennement confrontés. Résumons en quelques mots l’affaire des minarets, que les minables de l’analyse ne connaissent vraisemblablement pas. Vous habitez un quartier de villas dans une petite ville de Suisse allemande et vous entendez parler d’un projet de construction de mosquée à côté de chez vous, une mosquée avec un minaret. Vous usez de votre droit à faire opposition au projet pour des raisons architecturales, urbanistiques mais l’opposition est rejetée parce que vous enfreignez la loi sur la liberté religieuse. Qui permet aux religions de faire n’importe quoi …

    Cela vous rend pas très content, pour euphémiser. Avec vos voisins, vous décidez de vous organiser contre cette décision et vous comprenez qu’il n’y a qu’une seule façon d’éviter la présence d’un minaret avec des haut-parleurs à côté desquels ceux de la Dolce Vita étaient de doux pipeaux (ne venez pas me chercher, j’ai vécu à Kaédi, ville de Mauritanie très pauvre mais avec 18 mosquées se faisant concurrence, avec chacune deux minarets avec arbres à came en tête, puissance sonore maximale, 24 sur 24, jamais synchronisées. En d’autres termes, Allah Akbar quasi en permanence…).

    Vous habitez Egerkinden, et vous créez un comité. L’UDC s’en mêle et lance avec vous un référendum contre l’érection de minarets en Suisse. Le peuple suisse, par un miracle dont je ne reviens pas, accepte ce référendum. Je voyais le peuple suisse beaucoup plus mouton que ça… Les bien-pensants PLR ont bien entendu fait campagne contre. J’avais envoyé un commentaire à Nantermod quand il avait un blog (il n’ose plus, aujourd’hui…) pour lui demander ce qu’il ferait quand les minarets hurleraient leurs appels à la prière cinq fois par jour. Il m’a répondu que ce serait interdit. Et il n’a pas publié ma réponse : et quand, par mesure de rétorsion, les musulmans demanderont au nom de l’égalité, que les cloches des églises se taisent, que ferez-vous ). Il ne m’a pas répondu parce qu’il n’avait rien à répondre.

    Aujourd’hui, dans la plupart des villes européennes, c’est l’appel à la prière pour les VRAIS croyants qui résonnent cinq fois par jour.

    Nous sommes peut-être des fascistes. Mais vous, vous êtes des soumis. Des esclaves.

  • La grande peur

    Par une curiosité que certains jugeront ou jugent malsaine, je continue de suivre ce qui se dit dans les médias de base, ceux destinés à informer ou former la population en général. Envie de savoir ce qui se propage. J’en ressors chaque jour un peu effrayé. On nous parle de changements de sociétés obligatoires. Les femmes doivent occuper les places dominantes partout, parce qu’elles sont femmes. Les enfants peuvent changer de sexe comme vous, vous ne pouviez pas changer de chemise, voici 50 ans. Des allochtones s’arrogent des droits ici que vous n’oseriez pas imaginer si vous, vous alliez vous installer dans leurs pays d’origine. La liste est longue au point de paraître infinie. Tout incident est mis sur le dos du changement climatique, mais on oublie de préciser que les grands incendies sont à 90% d’origine humaine, que l’érosion des côtes est un phénomène naturel irréversible, quel que soit le climat, que la marge d’erreur dans l’évaluation du niveau des mers est de +/- 2 mètres alors que l’on nous serine que ce niveau monte de 2.5 mm par an…

    Dans le domaine de l’apprentissage – j’ai évité le mot « éducation » -, c’est encore pire. Les enfants à l’école semblent subir un véritable endoctrinement sans que l’on puisse y faire grand-chose. Vous avez dit « démocratie » ? Quel est votre pouvoir de citoyen sur ce qu’on leur enseigne ? Ce manque complet de corps idéologique suisse s’est montré le plus cruellement sur l’affaire des fonds en déshérence des années 90, que tout le monde a oublié. Je rappelle ici encore une fois ce qu’a déclaré Jacques-Simon Eggly au décès de Bergier : il lui avait fait remarquer qu’il avait construit un rapport complétement à charge contre la Suisse (qui aurait, selon ce rapport, contribué à prolonger la guerre au profit des Allemands, ce qui est parfaitement absurde). Bergier lui aurait répondu que tout le monde savait tout le bien que la Suisse avait fait durant la 2ème guerre mondiale. On a vu ce que cela a donné face aux pressions des démocrates américains… L’immense majorité des gens qui enseignent l’Histoire en Suisse sont des militants de gauche ou d’extrême-gauche. Ce n’est pas sans conséquences…

    De tous les côtés, on voit des attaques contre les intérêts généraux de notre pays. Pensez un peu à cette initiative scélérate « Pour des multinationales responsables », qui voulait que les sous-traitants de ces multinationales soient soumis à une législation suisse. Souvenez-vous du tollé à gauche quand l’honnête Isabelle Chevalley a fait venir un ministre burkinabé expliquer aux Suisses que son pays ne voulait pas d’une législation étrangère s’appliquant aux petites et fragiles entreprises de son pays…

    La grande peur, c’est que tout ce matraquage finisse par fonctionner. Et aboutir à un clivage profond avec tendance à la guerre civile plus ou moins larvée. Mais je n’y crois pas vraiment, avec cette nuance que l’échantillon de population que je côtoie a mon âge. Et si la nouvelle génération adoptait l’idéologie de la RTS ? Il faudrait plaindre leurs enfants…