En remontant le fleuve

  • Merci mille fois, M. Zemmour !

    De retour de France, et donc de consommation de débat français, j’en ressors avec une totale admiration pour le phénomène Zemmour. Il y a longtemps que l’on sentait chez les Français une volonté de ne plus subir ce discours de l’auto-flagellation initié par les socialistes. Ce ras-le-bol des racailles des banlieues qui imposent leur loi dans le 9-3 comme dans les quartiers nord de Marseille autrefois, mais aujourd’hui dans la plupart des villes et petites villes de France. Et chez nous, pas seulement à Genève ou à Lausanne, mais à Yverdon, Aigle et dans toutes les petites villes…

    Seulement voilà : il y avait le FN, le parti du Vieux Con, extrait de sa boutique de vente de disques de chansons nazies pour devenir la marionnette des cadors fachos de Jeune Europe &Co. Raté. Voilà que le Vieux Con reprend de la verve, devient le leader de ce Front des fachos. Et pour bien le prouver, commet toutes les erreurs possibles et imaginables. Donner des coups à une députée socialiste sous les caméras de la téloche, Durafour crématoire et j’en passe. Même avec cela, il éjecte Jospin du 2ème tour. C’est vous dire s’il y avait une place à prendre…

    Fifille fait de son mieux pour reprendre la barre. Mais elle n’est pas au niveau pour diriger le bateau. Elle se fait ramasser en beauté lors du débat que vous savez face à Macron. C’était un débat à la loyale, comme les duels au pistolet. Avec un seul coup à disposition. One shot, pour les jeunes qui ne comprennent pas bien le français…

    Maintenant que le coup est tiré, y a pus. Marine est cuite. Marion est trop jeune, même si très  brillante. La famille Le Pen doit comprendre qu’elle ne représente plus du tout cette partie des Français qui n’en veulent plus de cette gabegie pro-racaille. Les Français veulent de l’ordre, de la sécurité, le respect de la Loi. Cela fait des dizaines d’années que cela n’existe plus.

    Zemmour ne dit rien d’autre. Il veut faire exploser cette mainmise des Le Pen sur la réaction face au laxisme organisé de la gauche. Et contrairement à Marine, il est imbattable en duel. Personne n’ose l’affronter car d’Artagnan était un enfant de chœur à côté de lui. Bernard-Henri Lévy, traité de Malraux de carnaval, ne s’en remettra jamais…

    Merci mille fois, M.Zemmour, pour cet esprit brillant qui enfin allume une petite lumière de sortie de crise…

  • Félicitations à Emmanuel Macron

    C’est vraiment exceptionnel : un président français ose dire la vérité aux Algériens. En gros, que depuis l’Indépendance, qui a fait refluer un million de pieds-noirs en France et causé la mort de cent mille harkis, assassinés de façon atroce par les sbires du FLN et la foule associée, l’Algérie ne fonctionne que sous la coupe d’une bande de profiteurs accapareurs, qui se défaussent des difficultés que provoquent leurs détournements sur la France.

    C’est bien, M.Macron, mais il était temps ! Et cela rattrape un peu votre « horreur » d’avant votre élection : « la colonisation est un crime contre l’humanité ». Aha. Y a-t-il encore un innocent sur Terre, après ça ? Connaissez-vous un peuple innocent ? Les Helvètes ? Ils auraient bien aimé, mais ils se sont fait ramasser par Jules César… Les autres Suisses, les Alémaniques ? Plus colonisateurs qu’eux, y a pas…

    La réaction des Algériens ? Très instructive pour ceux qui ne connaissent pas vraiment l’Afrique et le Maghreb. Indignation générale, même et surtout de la part de l’opposition à l’actuel président algérien. Pour qui a travaillé en ces contrées, rien de nouveau ou d’original. Les élites de ces pays sont toutes faites du même bois. Un solide tiers-mondisme revendicateur, qui tient pour acquis que toutes les civilisations se valent. L’Algérie d’avant la colonisation française ne vivait que de rapines. On ne parle jamais des esclaves blancs raptés en Méditerranée par ces bandits, on se demande bien pourquoi… Dans les pays africains noirs, je n’ai jamais rencontré de problèmes avec les gens du peuple mais me suis vite rendu compte que toute discussion sérieuse avec leurs élites étaient à éviter. Comme au Maghreb, tout est de la faute des Blancs. La traite, la colonisation…

    Mais comme l’explique Olivier Pétré-Grenouilleau, la principale traite en Afrique était interne, la seconde était arabe. Au XIXème siècle, 50% des Africains étaient esclaves des autres Africains… Encore aujourd’hui, la petite fille de moins de dix ans qui fait toutes les tâches ménagères n’est pas vraiment là de son plein gré et n’a pas d’autre choix que de bosser comme une esclave. Ce genre de pratique se retrouve d’ailleurs à Genève, qui, puisqu’elle est une ville internationale, se doit d’être accueillante diplomatiquement parlant…

    Bien entendu, le geste de Macron peut être interprété comme électoraliste. Certes, mais il l’a fait ! Contrairement aux lâchetés opportunistes de tous les anciens présidents…

    La woke culture s’appuie sur l’idéologie hyper-nationaliste des états du sud. On espère que cela aura des effets dans leurs sanctuaires, les universités…

  • Marc Bloch et Winston Churchill

    Pascal Décaillet m’a fait découvrir « L’étrange défaite ». C’était très intéressant à lire du temps de la confusion amenée par la pandémie… Mais à propos de la WW II, la lecture des mémoires de Winston Churchill est autrement plus intéressante et d’une actualité encore bien plus grande et pénétrante. Sans commune mesure…

    Après l’invasion de la Tchécoslovaquie par Hitler, Neville Chamberlain retourna sa veste de Munich. Voici ce qu’en dit W.C :

    « Dans cette triste énumération d’erreurs commises par des hommes capables et bien intentionnés, nous atteignons maintenant le terme fatal. Le fait que nous ayons été jetés dans cette impasse expose les responsables, si honorables qu’aient été leurs mobiles, à la réprobation de l’histoire. Jetons un regard en arrière et voyons ce que nous avons successivement accepté ou abandonné : le désarmement de l’Allemagne par traité solennel et le réarmement de l’Allemagne en violation de ce même traité solennel ; l’abandon de la supériorité aérienne et ensuite de l’égalité ; la réoccupation de la Rhénanie par les forces armées et la construction de la ligne Siegfried ; la création de l’axe Berlin-Rome ; l’absorption et la digestion de l’Autriche par le Reich ; l’abandon et le dépeçage de la Tchécoslovaquie par les accords de Munich ; la ligne de fortifications tchécoslovaques aux mains des Allemands ; l’utilisation au bénéfice des armées allemandes des usines de munition Skoda ; le dédain avec lequel furent reçues, d’une part, les propositions du président Roosevelt pour stabiliser et régler la situation européenne et, d’autre part, l’incontestable bonne volonté de la Russie soviétique de se joindre aux puissances occidentales et de marcher à fond avec elles pour sauver la Tchécoslovaquie ; enfin la disparition des 35 divisions tchèques qui auraient pu tenir contre l’armée allemande encore mal préparée, alors que la Grande-Bretagne n’était pas en mesure d’envoyer plus de 2 divisions sur le front français…Le vent avait tout emporté.

    Et maintenant que chacun de ces appuis ou de ces avantages a été repoussé ou gaspillé, la Grande-Bretagne, tenant la France par la main, s’avance pour offrir sa garantie à la Pologne qui, avec un appétit de hyène, pas plus de six mois auparavant, avait participé au partage et à la destruction de la Tchécoslovaquie. Combattre pour la Tchécoslovaquie en 1938, cela avait un sens lorsque l’armée allemande pouvait à peine aligner une demi-douzaine de divisions bien entraînées sur le front occidental, tandis que la France, avec près de 60 ou 70 divisions était en mesure de franchir rapidement le Rhin ou d’occuper la Ruhr. Mais une telle entreprise avait été jugée déraisonnable, téméraire et tout-à-fait indigne de la pensée et de la morale modernes. Et cependant, maintenant, les deux démocraties occidentales se déclaraient prêtes à mettre en jeu leur existence pour sauver l’intégrité de cette étrange république de Pologne. On peut fouiller dans tous ses recoins ce tableau des crimes, des folies et des misères du genre humain, qu’on appelle l’histoire, sans qu’il soit possible d’y trouver un équivalent à ce renversement soudain et total, par lequel une politique de facilité et d’apaisement propitiatoire, vieille de cinq ou six ans, se trouva transformée presque du jour au lendemain en une sorte d’empressement à accepter une guerre évidemment éminente, dans les plus mauvaises conditions et sur la plus vaste échelle possibles.

    Au surplus, comment allions-nous pouvoir protéger la Pologne et rendre notre garantie effective ? En déclarant la guerre à l’Allemagne, en attaquant un mur occidental plus épais et une armée plus forte que ceux devant lesquels nous avions reculé en septembre 1938 ? Pas à pas, nous nous étions approchés de la catastrophe. Depuis l’époque de la facilité jusqu’à celle où les choses s’étaient aggravées, on pouvait dresser le catalogue de nos abandons devant la puissance toujours plus grande de l’Allemagne. Mais cette fois l’Angleterre et la France refusaient de se soumettre. C’était, au bout du compte, une décision prise au plus mauvais moment, sur le terrain le moins favorable, et qui devait sûrement provoquer le massacre de dizaines de millions d’hommes. La cause du droit, délibérément et avec un raffinement certain dans l’art de mal faire, se trouvait contrainte à une lutte mortelle, après qu’avaient été gaspillés tous les avantages de la supériorité matérielle. Si vous ne voulez pas combattre pour le droit lorsque vous pouvez vaincre aisément sans effusion de sang, si vous refusez encore de combattre quand la victoire s’avère certaine et pas trop coûteuse, alors vous en arrivez fatalement à vous battre avec toutes les chances contre vous et peu d’espoir de survivre. Mais on peut encore voir pire. Vous pouvez être forcé de combattre sans espoir de vaincre, parce  qu’il vaut mieux périr que de vivre dans l’esclavage. »